Le Président du Faso, Ibrahim Traoré, a appelé mercredi ses compatriotes à « incarner pleinement » les valeurs de la Révolution progressiste populaire (RPP), à l’occasion du premier anniversaire de sa proclamation, lors d’une cérémonie solennelle de montée des couleurs au palais présidentiel de Koulouba.
Dans un discours solennel, le chef de l’État burkinabè a présenté la Révolution comme une exigence historique et un passage obligé pour le développement du pays. « Aucune nation ne peut prétendre se mettre sur le chemin du développement si ce n’est par la révolution. C’est une nécessité impérieuse pour nous », a-t-il martelé.
Un an après le lancement de la RPP, le Burkina Faso réaffirme ainsi sa ligne souverainiste et son ambition de transformation sociale profonde. Le capitaine Traoré a insisté sur les fondements éthiques et idéologiques du projet révolutionnaire, appelant chaque citoyen à dépasser la simple parole pour adopter un comportement conforme aux idéaux prônés.
« Être révolutionnaire n’est pas chose aisée. Cela ne se proclame pas. C’est autour de vous, à travers vos comportements et vos actes, que l’on pourra vous définir comme révolutionnaire », a-t-il lancé.
Le président burkinabè a structuré son message autour de trois piliers qu’il considère comme essentiels à l’engagement révolutionnaire : l’amour de la patrie, la quête permanente de la connaissance et la résistance à toute forme d’oppression.
Sur le premier point, il a exhorté les Burkinabè à cultiver la solidarité et la cohésion sociale.
« Le révolutionnaire est celui qui a l’amour de sa patrie (…) et qui prêche l’amour autour de lui », a-t-il déclaré, ajoutant que « qui parle d’amour cultive forcément la paix, la solidarité et l’entraide ».
Abordant la question du savoir, le capitaine Traoré a tenu un discours sans concession contre l’ignorance.
« Un ignorant ne peut pas être révolutionnaire », a-t-il affirmé, appelant à une appropriation des connaissances historiques, scientifiques et techniques pour transformer durablement la société.
« Le révolutionnaire doit connaître son histoire, analyser froidement le présent et se projeter dans le futur », a-t-il insisté.
Dans une logique de souveraineté économique, il a également encouragé la production locale, en invitant les citoyens à repenser leurs habitudes de consommation.
« Si vous portez des souliers importés, vous devriez réfléchir à les fabriquer ici », a-t-il illustré, insistant sur une révolution des mentalités autant que des structures.
Le troisième pilier évoqué concerne la lutte contre l’impérialisme et les forces jugées hostiles à l’indépendance du pays.
« Le révolutionnaire s’oppose fermement à l’oppresseur (…) et combat l’impérialisme d’abord par la force des idées », a-t-il affirmé, dans un contexte régional marqué par une recomposition des alliances sécuritaires.
Bientôt un manifeste de la Révolution
Sur le plan sécuritaire, le chef de l’État a réitéré la volonté du Burkina Faso de privilégier une réponse endogène face à la menace terroriste.
« Nous avons été approchés par plusieurs armées pour nous aider (…) mais nous avons décidé de nous battre nous-mêmes », a-t-il déclaré, saluant au passage « la capacité révolutionnaire des forces combattantes nationales ».
Enfin, le président a annoncé la prochaine publication d’un manifeste de la Révolution progressiste populaire, destiné à formaliser les grandes orientations idéologiques et stratégiques du mouvement.
Cette commémoration intervient dans le cadre des Journées d’engagement patriotique, dont le thème 2026 est axé sur la consommation locale. Pour le capitaine Traoré, discipline, ordre et engagement citoyen demeurent toutefois « le socle et la force de toute révolution ».
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