Le déficit de gouvernance et l’adaptation constante des groupes armés aux nouvelles technologies figurent parmi les principaux facteurs expliquant la résilience du terrorisme au Sahel, a estimé jeudi, lors de la 10e édition de l’APSACO, Mady Ibrahim Kanté, enseignant-chercheur à l’Université Kurukanfuga de Bamako et chercheur associé au CIRAM de l’Université Laval.
S’exprimant lors de la troisième session consacrée au thème « Une décennie de terrorisme : endiguement et adaptation dans un contexte de lassitude stratégique », au premier jour de la dixième édition de l’APSACO organisée par le Policy Center for the New South (PCNS), le chercheur a souligné que les dynamiques actuelles du terrorisme restent étroitement liées aux faiblesses institutionnelles des États.
Selon lui, les groupes jihadistes modernes, notamment Al-Qaïda et l’État islamique, développent des stratégies de conquête territoriale fondées sur le financement, le recrutement et l’implantation au sein des communautés locales. Il a toutefois insisté sur les différences de fonctionnement entre les deux organisations, estimant que les réponses sécuritaires gagneraient à mieux prendre en compte ces spécificités.
M. Kanté a notamment expliqué qu’Al-Qaïda cherche souvent à s’intégrer dans les territoires en se présentant comme une alternative à l’État, tandis que l’État islamique privilégie davantage la contrainte et la violence directe.
Évoquant l’évolution du phénomène au cours des dix dernières années, il a également mis en avant l’utilisation croissante des nouvelles technologies par les groupes armés. Les drones commerciaux, a-t-il indiqué, sont désormais employés pour la surveillance des positions militaires, la collecte de renseignements et la coordination d’opérations.
Selon le chercheur, ces outils permettent aux groupes armés de réduire leurs coûts opérationnels tout en améliorant leur capacité d’observation et de planification sur le terrain.
Le panel, consacré à la transformation du terrorisme en Afrique au cours de la dernière décennie, a examiné la capacité des groupes armés à adapter leurs tactiques, à consolider leur présence territoriale et à poursuivre leurs stratégies d’expansion malgré les opérations de contre-terrorisme menées dans plusieurs pays du continent.
Pour Mady Ibrahim Kanté, la réponse à cette menace ne peut être uniquement militaire. Elle doit également passer par une amélioration de la gouvernance, le développement socio-économique et le renforcement de la confiance entre les populations et les institutions étatiques.
CA/Sf/APA






