Réunis au restaurant Favella, au Point E à Dakar, des supporters cap-verdiens et sénégalais ont vécu avec émotion le match nul (0-0) décroché par le Cabo Verde face à l’Espagne, lundi 15 juin, lors de la première journée du groupe H du Mondial 2026.
Rien, de l’extérieur, ne laissait présager l’atmosphère qui régnait à l’intérieur de la Favella, un restaurant situé au Point E, quartier résidentiel de Dakar. Derrière une façade sobre, l’équipe d’Apanews a découvert un décor animé par des mélodies d’afrobeat et de funaná, musique emblématique du Cabo Verde.
Des drapeaux bleu, blanc et rouge étaient suspendus aux murs, tandis que des supporters vêtus des couleurs des Requins Bleus prenaient progressivement place dans une cour arborée transformée, le temps d’un après-midi, en tribune cap-verdienne.
À quelques minutes du coup d’envoi de la rencontre entre l’Espagne et le Cabo Verde, les discussions ont laissé la place à l’attente. Puis, lorsque retentit l’hymne national cap-verdien, un silence presque solennel s’installe. Plusieurs supporters se lèvent, la main sur la poitrine, visiblement émus pour cette première participation historique de leur pays à une phase finale de Coupe du monde.
Au milieu des tables, Paloma Sanchez Sané, co-gérante de l’établissement, veille au bon déroulement de l’événement. Vêtue d’un pantalon bleu et d’un tee-shirt blanc, elle multiplie les allers-retours entre les clients sans jamais perdre son sourire.
« Pas de répit », lance-t-elle à plusieurs reprises, tout en poursuivant le service. Malgré la chaleur et le rythme soutenu, tout semble avoir été préparé pour permettre aux supporters de vivre pleinement ce rendez-vous mondial.
Lorsque l’arbitre donne le coup d’envoi, la musique s’arrête. Une autre ambiance sonore accompagne alors le match : les cris des moineaux nichés dans les arbres de la cour et les réactions des supporters à chaque offensive espagnole.
Au fil des minutes, la Roja monopolise le ballon, mais le Cabo Verde résiste. À la pause, le tableau d’affichage indique toujours 0-0.
Pour Jacky Delgado, supporter cap-verdien, ce résultat intermédiaire dépasse déjà les attentes.
« C’est un exploit. Ce n’est pas évident pour un petit pays comme le Cabo Verde de tenir tête à l’Espagne. Nous avons beaucoup souffert, mais notre gardien a été énorme. Garder nos cages inviolées à la mi-temps est déjà une grande performance », explique-t-il.
Selon lui, les Requins Bleus ne doivent cependant pas se contenter de défendre. « Il ne faut surtout pas sous-estimer cette équipe. Nous allons continuer à jouer et peut-être marquer le but qui fera la différence », ajoute-t-il, avant de pronostiquer une victoire cap-verdienne.
Au retour des vestiaires, la tension monte d’un cran. Chaque intervention défensive est applaudie comme un but. Chaque contre-attaque suscite des cris d’encouragement.
Puis vient le coup de sifflet final. Le score reste inchangé : 0-0.
L’explosion de joie contraste avec la sobriété qui avait accompagné le début du match. La musique reprend immédiatement, cette fois portée par des rythmes d’afro-house cap-verdiens.
Parmi les supporters, Jeanne Marie Gomis Seck peine à cacher sa satisfaction.
« C’est toute notre fierté. Le Cabo Verde est un petit pays qui affrontait aujourd’hui l’une des grandes nations du football mondial. Repartir avec un match nul, c’est déjà une victoire », affirme-t-elle.
Pour cette supportrice, ce résultat dépasse le seul cadre sportif. « C’est l’Afrique qui gagne. Aujourd’hui, nous sommes derrière le Cabo Verde et demain nous serons derrière le Sénégal », souligne-t-elle.
Ce point obtenu face à l’Espagne place le Cabo Verde dans une position favorable au terme de la première journée du groupe H. Pour sa première apparition en phase finale de Coupe du monde, la sélection cap-verdienne a affiché une organisation collective qui lui a permis de contenir les offensives espagnoles jusqu’au coup de sifflet final.
À plusieurs milliers de kilomètres de Miami, où se disputait la rencontre, les supporters réunis à Dakar ont ainsi vécu un après-midi particulier, entre émotion, fierté et espoir, convaincus que l’aventure des Requins Bleus dans ce Mondial à 48 équipes ne fait peut-être que commencer.
SS/te/Sf/APA






