La justice sud-africaine a annulé l’enquête menée en 1967 sur la mort de l’ancien président de l’African National Congress (ANC), le chef Albert Luthuli, concluant qu’il a été assassiné par des membres de la police du régime de l’apartheid.
Dans son jugement, la Haute Cour du KwaZulu-Natal, présidée par la juge Nompumelelo Radebe, a établi que Luthuli est mort des suites d’une fracture du crâne, d’une hémorragie cérébrale et d’une commotion cérébrale, des blessures compatibles avec un coup violent.
Ces conclusions contredisent la version officielle de l’époque, selon laquelle il aurait été heurté par un train de marchandises.
« Il est établi que le défunt est décédé à la suite d’une fracture du crâne, d’une hémorragie cérébrale et d’une commotion du cerveau associées à une agression », a déclaré la juge Radebe.
Cette décision fait suite à la réouverture du dossier en avril dernier par le Parquet national (NPA), à la lumière de nouvelles preuves médico-légales, de reconstitutions de la scène du crime et de témoignages d’enquêteurs, de proches et de témoins.
Le président du Comité parlementaire sur la justice et le développement constitutionnel, Xola Nqola, a salué ce jugement, le qualifiant de « victoire importante pour la vérité et la justice », ainsi que d’étape clé dans le traitement des affaires non résolues de la Commission vérité et réconciliation.
« Ce jugement représente une victoire à la fois douce et amère », a-t-il ajouté.
« Nous appelons le NPA à poursuivre activement ces dossiers afin que les familles et les victimes des crimes de l’ère de l’apartheid obtiennent enfin justice et réparation. »
Lauréat du prix Nobel de la paix, Albert Luthuli reste une figure emblématique de la lutte contre l’apartheid. À la tête de l’ANC de 1952 jusqu’à sa mort en 1967, il prônait une résistance non violente face au régime ségrégationniste.
Sa mort, survenue près du pont de la rivière Umvoti à Groutville, avait depuis longtemps suscité la controverse. L’enquête officielle de l’époque l’avait attribuée à un accident ferroviaire, une version accueillie avec scepticisme par de nombreux Sud-Africains.
JN/lb/te/Sf/APA






