La Banque Ouest-africaine de développement (BOAD) clôture son plan stratégique quinquennal avec des performances historiques et lance « Djoliba, la suite », une nouvelle ambition dont l’objectif est de quasiment doubler ses financements pour atteindre 6 500 milliards de FCFA d’ici 2030. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Sur la période 2021-2025, la BOAD a mobilisé 3 765 milliards FCFA de financements cumulés. La croissance annuelle du produit net bancaire s’est établie à 11 %, le ratio de créances en souffrance maîtrisé à 2,5 %, une émission obligataire record d’un milliard d’euros sur 15 ans.
Les résultats à l’achèvement des projets confirment avec éclat cette montée en puissance avec +424 % en matière de création d’emplois, +362 % pour la production d’eau potable, +187 % en puissance électrique installée, +160 % pour la production rizicole. « La Banque a véritablement changé d’échelle », s’est félicité Serge Ekué, Président de la BOAD.
M. Ekué ouvrait, ce mercredi à Dakar, les travaux de la 150e session du Conseil d’Administration de la banque communautaire, la première de l’histoire de l’institution à s’étaler sur deux jours.
« Ce parcours couronne avec brio la fin du Plan stratégique Djoliba 2021-2025. Il aura profondément consolidé la structuration financière, la crédibilité internationale et l’impact socio-économique de notre Institution », a souligné M. Ekué, rappelant que la BOAD a également su se positionner comme « un pionnier de la finance durable en Afrique » grâce à ses émissions d’obligations hybrides durables.
L’institution a par ailleurs renforcé des partenariats stratégiques, notamment avec la Société financière internationale (IFC, sigle anglais) et Orange Mali, pour favoriser la connectivité numérique et l’autonomisation des femmes, tout en portant la voix des banques de développement du Sud à travers la Présidence de l’International Development Finance Club (IDFC).
L’élan déjà perceptible pour 2026
La BOAD a annoncé une mobilisation de plus de 1 300 milliards FCFA pour accompagner le Plan national de développement 2026-2030 de la Côte d’Ivoire, et une enveloppe indicative de 750 milliards FCFA au titre du Plan Relance 2026-2030 du Burkina Faso.
S’y ajoutent le financement de la filière cajou en Guinée-Bissau à hauteur de 9,15 milliards FCFA, ainsi que 17 milliards FCFA de dons obtenus auprès du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) pour renforcer la résilience climatique au Bénin, au Burkina Faso et au Mali.
Portée par cette dynamique, la Banque ouvre désormais un nouveau chapitre. Son Plan stratégique 2026-2030, baptisé « Djoliba, la suite », vise à porter les financements quinquennaux à 6 500 milliards FCFA.
Pour atteindre cet objectif, l’institution financière compte s’appuyer sur trois axes. Il s’agira de renforcer l’intégration et la souveraineté alimentaire et énergétique de l’Uemoa, promouvoir un progrès social inclusif par le financement des MPME, de la santé et du logement, et systématiser la résilience climatique à travers les mécanismes de la finance verte.
Pour y parvenir, la BOAD entend évoluer vers un modèle de groupe bancaire intégré, s’appuyant sur des véhicules dédiés tels que BOAD Titrisation, BOAD Market Solutions ou encore une entité spécialisée dans le secteur privé.
« Nous transformerons notre cycle de projets pour passer d’une logique d’approbation à une logique de pleine exécution et d’impact tangible », a conclu Serge Ekué, rappelant la finalité profondément humaine de cette mission : « Derrière chaque projet financé, il y a des vies transformées, des opportunités créées, des espoirs ravivés. »
En marge de la session, M. Ekué a également confirmé la tenue des BOAD Development Days à Lomé, les 11 et 12 juin prochains, une deuxième édition centrée sur l’habitat durable, qui sera l’occasion de définir les nouveaux paradigmes du développement régional face aux défis de l’urbanisation.
ARD/Sf/APA







