L’activiste malien Adama Diarra, surnommé « Ben le Cerveau », a été condamné lundi à cinq ans d’emprisonnement, dont quatre ans ferme, par la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako pour des faits de menaces et d’injures via un système d’information.
La peine de cinq ans d’emprisonnement prononcée à l’encontre de l’activiste « Ben le cerveau » est inférieure aux dix ans de prison ferme requis par le procureur général lors de l’audience du 27 juillet de la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako. La défense avait plaidé l’acquittement.
Le dossier reposait notamment sur un enregistrement audio présenté comme une conversation privée. Adama Diarra avait reconnu qu’une voix dans la séquence était la sienne, tout en contestant certains passages et en mettant en doute l’authenticité du fichier. Ses avocats avaient également contesté les conditions d’obtention et l’intégrité technique de l’enregistrement.
Les faits remontent à une conversation liée aux préparatifs d’une manifestation prévue en janvier 2023. L’activiste affirmait que l’échange n’était pas destiné à être rendu public et ignorait comment l’enregistrement avait été diffusé.
Figure du mouvement Yèrèwolo-Debout sur les remparts, Adama Diarra avait été un soutien important des autorités de transition, notamment dans la défense de la souveraineté nationale et le rapprochement avec la Russie. Il avait également siégé au Conseil national de Transition après le coup d’État de 2020.
Ses relations avec le pouvoir s’étaient ensuite dégradées après ses appels au respect du calendrier de retour à l’ordre constitutionnel. Arrêté en septembre 2023, il avait déjà été condamné pour « atteinte au crédit de l’État », avant que sa peine ne soit réduite en appel.
Détenu depuis plusieurs mois dans le cadre de cette nouvelle procédure, le temps passé en détention provisoire devrait être déduit de la peine ferme prononcée lundi.
MD/te/Sf/APA







