Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) a dressé, ce mardi, un réquisitoire sévère contre la gestion des affaires publiques. Son porte-parole, Soumaïla Bredoumy, a sonné l’alerte sur le désastre socio-économique de l’orpaillage clandestin et l’impact de la hausse sans précédent des prix du carburant sur le pouvoir d’achat.
Pour le principal parti d’opposition de Côte d’Ivoire, le phénomène de l’orpaillage illégal a désormais franchi un « seuil critique ». Au-delà du pillage des ressources minières qui coûte chaque année plus de 3 000 milliards de FCFA à l’économie ivoirienne, Soumaïla Bredoumy du PDCI-RDA a dénoncé une véritable catastrophe écologique.
« Partout dans notre pays, les terres sont décapées, privées de leurs couverts végétaux, avec des métaux lourds et toxiques pour la santé des hommes et des animaux », s’est-il insurgé. Les ressources hydriques, de la rivière Bia jusqu’au fleuve Cavally, sont en première ligne.
Les cours d’eau, autrefois fluides, sont aujourd’hui stagnants et pollués par des produits chimiques qui mettront des siècles à disparaître du sol. Si rien n’est fait pour éradiquer cette pratique, le PDCI craint une famine généralisée couplée à une crise sanitaire sans précédent.
Le porte-parole a également profité de cette tribune pour rappeler les alertes précoces lancées à l’époque par feu le président Henri Konan Bédié. « Pour masquer leur incapacité, les responsables de ce pays ont traité le PDCI de xénophobe et d’ivoiritaire », a-t-il fustigé.
Pourtant, selon lui, les autorités actuelles s’accordent désormais sur le fait que l’activité est majoritairement dominée par des non-nationaux, certaines estimations évoquant jusqu’à 95 % d’étrangers.
Une situation qui favorise en parallèle l’explosion du banditisme, des viols, du trafic de drogue et du blanchiment d’argent à l’intérieur du pays. Le PDCI appelle le gouvernement à « prendre le taureau par les cornes » pour sauvegarder le patrimoine foncier et hydraulique de la nation.
L’autre sujet brûlant de cette rentrée politique concerne l’augmentation historique des prix des produits pétroliers à la pompe, entrée en vigueur le 1er août 2026. Soumaïla Bredoumy a fait observer que le super et le gasoil n’avaient jamais atteint des tarifs aussi élevés depuis l’accession de la Côte d’Ivoire à la souveraineté nationale en 1960.
Le parti d’opposition redoute les effets domino de cette hausse sur les biens de première nécessité, notamment les produits alimentaires, le transport urbain et le logement. Pour éviter une inflation généralisée qui asphyxierait les ménages, le PDCI exige du gouvernement qu’il ouvre en urgence une grande concertation avec les acteurs du secteur afin d’amortir le choc sur le pouvoir d’achat des Ivoiriens.
AP/Sf/APA







