La présentation lundi des lettres de provision du nouveau consul général burkinabè à Lagos au ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Maitama Tuggar, intervient quelques mois après la crise diplomatique provoquée par l’atterrissage non autorisé d’un avion militaire nigérian à Bobo-Dioulasso, que ce même ministre avait contribué à désamorcer.
Le consul général du Burkina Faso à Lagos, Maxime Bengaly, nommé à ce poste par le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a remis mardi 24 mars ses lettres de provision au ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Maitama Tuggar. La délégation burkinabè était conduite par l’ambassadeur représentant permanent, chargée d’affaires, Sidonie Bagué/Badoun.
Les échanges qui ont suivi la cérémonie ont porté sur les liens historiques et culturels séculaires unissant les deux pays, ainsi que sur la dynamique de coopération économique, politique et sécuritaire entre Ouagadougou et Abuja. Le consul général a exprimé sa gratitude au ministre nigérian pour les facilités accordées dans l’exercice de sa fonction, notamment en matière de protection consulaire.
La chargée d’affaires a salué l’excellence des relations bilatérales et assuré que la mission diplomatique et le consulat œuvreront conjointement au raffermissement des liens d’amitié et de coopération entre les deux pays.
Cette rencontre prend un relief particulier au regard du contexte récent. C’est en effet le même ministre Tuggar qui, en décembre 2025, avait conduit la mission diplomatique d’apaisement à Ouagadougou après la rétention, du 8 au 18 décembre, d’un avion militaire nigérian C-130 et de ses onze occupants à Bobo-Dioulasso, à la suite d’un atterrissage d’urgence non autorisé.
L’incident avait provoqué une vive réaction de la Confédération des États du Sahel (AES), dont le ministre burkinabè de l’Administration territoriale, Émile Zerbo, avait qualifié l’acte d’« inamical » au nom de l’ancien président en exercice du bloc, le général Assimi Goïta, remplacé par le capitaine Ibrahim Traoré, avertissant que tout aéronef pénétrant sans autorisation dans l’espace confédéral pourrait être neutralisé. La crise avait été résolue après des excuses officielles d’Abuja — Tuggar ayant reconnu des « irrégularités » dans la procédure de demande d’autorisation de survol — et une audience accordée par le capitaine Traoré à l’envoyé spécial du président Bola Ahmed Tinubu.
La rencontre avait également permis d’aborder la lutte contre le terrorisme dans la sous-région, Tuggar saluant les « succès significatifs » enregistrés par le Burkina Faso sur le front sécuritaire, et les deux parties réaffirmant leur volonté de renforcer la collaboration bilatérale et régionale face au défi terroriste.
Ouvert officiellement en 2017, le consulat général de Lagos couvre sept États fédérés du sud-ouest et du centre-nord du Nigéria — Lagos, Ogun, Oyo, Ondo, Osun, Ekiti et Kwara — et assure la protection consulaire des ressortissants burkinabè, notamment à travers la délivrance de documents administratifs et d’état civil.
AC/APA







