Le président tunisien Kaïs Saïed a appelé à sanctionner les responsables de pollution et exigé une action plus ferme des organismes chargés de protéger le littoral et le patrimoine archéologique.
Le chef de l’État tunisien a présidé le 3 août au palais de Carthage une réunion consacrée à la situation environnementale, quelques heures après une visite effectuée à Radès. Étaient notamment présents la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, les ministres de l’Environnement et des Affaires culturelles, ainsi que les responsables des agences chargées du littoral et du patrimoine.
Kaïs Saïed a insisté sur la responsabilité directe des auteurs de pollution, invoquant le principe du « pollueur-payeur », consacré sur le plan international lors du Sommet de Rio de 1992. Il a également rappelé que l’article 47 de la Constitution tunisienne garantit le droit à un environnement sain et équilibré et impose à l’État de mobiliser les moyens nécessaires pour combattre la pollution.
Le président tunisien n’a cependant pas épargné l’appareil public. Il a directement mis en cause l’efficacité de l’Agence de protection et d’aménagement du littoral (APAL), estimant qu’elle n’avait pas pleinement accompli ses missions dans plusieurs régions côtières. Il a réclamé davantage d’interventions sur le terrain, un traitement plus ferme des infractions et une accélération des opérations d’aménagement et d’entretien. Une manière de rappeler que la multiplication des organismes publics ne suffit plus lorsque les dégradations continuent sur le terrain.
Le même constat sévère a été dressé concernant le patrimoine archéologique. Kaïs Saïed a cité les vestiges découverts fortuitement sur les berges de l’oued Miliane, dans une zone devenue un dépotoir, pour illustrer les carences dans la préservation de certains sites. Le président a estimé que de nombreux vestiges demeurent encore inconnus, insuffisamment protégés ou exposés au pillage.
L’intervention présidentielle place désormais les administrations concernées devant leur responsabilité. Derrière les appels à sanctionner les pollueurs, le pouvoir tunisien pointe ainsi une réalité plus embarrassante : la dégradation du littoral et l’abandon de certains sites patrimoniaux ne relèvent pas seulement des comportements individuels, mais aussi des failles persistantes des structures censées les surveiller et les protéger.
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