La Société de Recherche et d’Exploitation des Ressources Minérales du Mali (SOREM) et la société américaine Flagship ont signé mercredi une convention de partenariat pour la reprise des activités de la mine d’or de Morila SA, fleuron de l’industrie minière nationale.
Cette signature intervient après l’annonce officielle faite par le gouvernement malien le 5 juin en Conseil des ministres de la reprise de Morila S.A. par l’État. Un décret avait été adopté pour valider l’accord de cession signé avec les actionnaires sortants, transférant à l’État 80 % du capital de la société pour la somme symbolique d’un dollar américain.
Fondée en 2000, Morila S.A. exploitait un important gisement d’or dans la région de Bougouni. À l’origine, l’État détenait 20 % des parts, aux côtés des géants Anglogold-Ashanti et Randgold Resources, aujourd’hui Barrick Gold, chacun avec 40 %. Le site a connu son pic au début des années 2000, avec une production annuelle dépassant parfois les 600 000 onces d’or, avant de décliner progressivement jusqu’à l’arrêt de la carrière principale en 2020.
Après le retrait des opérateurs historiques, la société australienne Firefinch Limited avait tenté de relancer l’activité à travers l’exploitation de résidus miniers et un projet agro-industriel, sans succès. Face à l’échec de cette stratégie et à la cessation des opérations en 2022, un protocole d’accord a été signé en mai 2024 permettant à l’État de racheter les actions et créances restantes.
La société Flagship, dirigée par Ron Slaughter, s’engage désormais à acquérir une participation dans Morila SA et à investir dans la reprise rapide de la production. Son PDG a exprimé la volonté de son entreprise d’apporter des capitaux et une expertise technique afin de soutenir la réhabilitation du site et de favoriser la création d’emplois.
Ce partenariat, soutenu par le gouvernement, s’inscrit dans une approche gagnant-gagnant qui vise à renforcer la souveraineté minière et à accroître les retombées économiques locales.
La mine de Morila demeure l’un des plus grands gisements aurifères du pays. Plus de 7,5 millions d’onces d’or y ont déjà été extraites depuis 2000, et les réserves actuelles sont estimées à 2,4 à 2,5 millions d’onces, dont quelque 500 000 onces encore présentes dans les dépôts secondaires.
En 2024, la production industrielle d’or au Mali s’élevait à environ 51 tonnes, contre 66,5 tonnes en 2023, soit une baisse d’environ 23 % liée aux réformes structurelles du secteur. La reprise de Morila par la SOREM, désormais détentrice de l’intégralité du capital, doit contribuer à stabiliser la production et à restaurer la performance du secteur aurifère.
Le gouvernement malien poursuit également plusieurs chantiers structurants, parmi lesquels la construction d’une raffinerie d’or à Sénou d’une capacité prévue de 200 tonnes par an et le projet de développement du lithium de Bougoula avec le groupe russe Uranium One. Ces initiatives traduisent la volonté des autorités de renforcer la valeur ajoutée locale et de positionner le Mali parmi les pôles miniers les plus dynamiques du continent.
Encore peu connue en Afrique, la société Flagship se présente comme un investisseur international désireux de s’intégrer dans la nouvelle dynamique minière du Mali. Elle ambitionne de promouvoir une exploitation responsable et durable, conforme aux normes sociales et environnementales en vigueur.
Ce partenariat, à la fois économique et symbolique, illustre le pragmatisme des choix stratégiques maliens, centrés sur la diversification des partenariats, la valorisation des ressources et la création d’opportunités pour les communautés locales.






