Le 23 juin a marqué l’histoire du continent africain à travers deux événements majeurs qui illustrent des trajectoires différentes : l’affirmation de la souveraineté nationale en Égypte sous Gamal Abdel Nasser et la structuration des relations de coopération entre l’Afrique et l’Union européenne à l’aube du XXIe siècle.
Le 23 juin 1956, Gamal Abdel Nasser est officiellement investi président de la République d’Égypte à l’issue d’un référendum organisé quatre ans après la révolution des Officiers libres qui avait renversé la monarchie du roi Farouk. Seul candidat en lice, Nasser obtient un soutien massif selon les résultats officiels. Le même jour, les électeurs approuvent une nouvelle Constitution qui renforce le rôle de l’État et consacre l’islam comme religion officielle du pays.
Cette consultation confère une légitimité institutionnelle au dirigeant égyptien, déjà maître du pouvoir depuis 1954. Quelques semaines plus tard, la nationalisation du canal de Suez provoquera une crise internationale majeure et fera de Nasser l’une des figures emblématiques du nationalisme arabe et de l’anticolonialisme dans le monde.
Quarante-quatre ans plus tard, le 23 juin 2000, la capitale économique béninoise accueille la signature de l’Accord de Cotonou entre l’Union européenne et les 79 États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Conclu pour une durée de vingt ans, ce texte devient le principal cadre de coopération politique, commerciale et de développement entre les deux ensembles.
L’accord introduit une évolution notable des relations euro-africaines en accordant une place accrue aux principes de gouvernance démocratique, de respect des droits humains et de bonne gestion des affaires publiques. Il succède aux conventions de Lomé qui avaient régi les relations entre l’Europe et les pays ACP depuis 1975.
Le 23 juin renvoie également aux transformations politiques de l’Afrique du Sud au début des années 1990. À cette période, les négociations entre le gouvernement de Frederik de Klerk et l’African National Congress (ANC) se poursuivent en vue des premières élections multiraciales de 1994, qui mettront fin à plusieurs décennies d’apartheid.
Sf/APA







