La Côte d’Ivoire veut transformer sa filière cacaoyère en un pilier de la reconstruction forestière. Ce jeudi 21 mai 2026 à Abidjan, la FAO et le Conseil du Café-Cacao ont réuni une soixantaine d’acteurs sectoriels pour valider une étude stratégique visant à généraliser l’agroforesterie dans les plantations.
Bien que les prix du cacao restent au cœur de l’actualité, Joseph Nyemah, représentant de la FAO en Côte d’Ivoire, a rappelé l’urgence de sécuriser l’avenir de la filière. Longtemps indexée comme le principal facteur de la déforestation nationale, la cacaoculture doit désormais inverser la tendance.
Grâce au programme « Cacao durable » financé par l’Union Européenne, la FAO apporte son appui technique et financier à la Côte d’Ivoire. L’objectif est clair : faire de l’agroforesterie le moteur principal de la reforestation ivoirienne.
Face au vieillissement des vergers et à la baisse de la fertilité des sols, l’introduction d’arbres au sein des parcelles s’impose. Selon Mathias Tahi, directeur de la Recherche au Conseil du Café-Cacao, ce modèle permet de concilier la restauration du couvert forestier.
L’agroforesterie, mentionnera-t-il, participe également à la hausse de la productivité et permet la résilience des exportations face au changement climatique, ainsi que la diversification des revenus des planteurs.
L’étude présentée s’appuie sur des enquêtes menées auprès de 261 producteurs. Elle dresse un état des lieux des méthodes (planting en bandes alternées, en bordure, etc.) et identifie des obstacles majeurs : un faible taux de survie des jeunes arbres, des incitations financières trop variables et un manque de formation technique des agriculteurs.
Jean-Paul Aka, chef d’équipe environnement au PNUD Côte d’Ivoire, a d’ailleurs prévenu qu’un mauvais choix de modèle agroforestier pouvait pénaliser les parcelles, d’où la nécessité de diffuser les bonnes pratiques.
Pour maximiser l’impact sur le terrain, le Conseil du Café-Cacao a mis en place la Plateforme nationale de coordination des initiatives de promotion de l’agroforesterie. Les conclusions de l’atelier appellent à un alignement strict sur la norme de durabilité ARS 1000 qui promeut l’agroforesterie.
Cela se traduira par un accès renforcé des producteurs à un conseil agricole intégré, une meilleure distribution des plants et la création de mesures d’incitation financière harmonisées à l’échelle nationale.
La filière café-cacao s’affirme aujourd’hui comme l’un des principaux leviers de la reforestation en Côte d’Ivoire. Conscients des enjeux environnementaux, les acteurs de la filière se sont engagés dans l’optimisation des systèmes de production durables.
Cet engagement se traduit par la mobilisation d’un nombre croissant d’initiatives nationales et internationales en faveur de l’agroforesterie, intégrant arbres et cultures au sein des plantations, comme modèle de référence pour une cacaoculture durable et responsable.
AP/Sf/APA






