L’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) du Burkina Faso a publié, mercredi, les résultats du Recensement général des entreprises (RGE) 2024, dénombrant près de 400 000 unités dont 95,5 % du secteur informel.
Le RGE 2024 rendu public au Burkina par l’INSD met en lumière un tissu entrepreneurial composé de 389 172 unités économiques, très largement dominé par le secteur informel.
Réalisé avec l’appui technique d’AFRISTAT et le soutien financier de l’État burkinabè ainsi que de la Banque mondiale, dans le cadre du Projet d’harmonisation et d’amélioration des statistiques en Afrique de l’Ouest (PHASAO), ce recensement offre pour la première fois une vision complète et actualisée de l’activité économique du pays.
Les données révèlent une économie fortement duale : 96,5 % des unités économiques relèvent de l’informel, contre seulement 3,5 % pour le secteur formel. Les micro-entreprises constituent plus de 90 % du tissu productif, tandis que la faible adoption de la comptabilité formelle demeure l’un des principaux défis.
Sur le plan sectoriel, le tertiaire s’impose largement, regroupant 80,4 % des unités, principalement tiré par les activités commerciales.
La répartition géographique montre une forte concentration de l’activité économique. La région du Kadiogo, qui englobe la capitale Ouagadougou, concentre à elle seule 46,8 % des unités recensées. Elle est suivie par le Guiriko (18 %), le Nando (6,4 %) et le Nakambé (4,8 %). À elles quatre, ces régions totalisent 76 % des unités économiques du pays. En milieu urbain, Ouagadougou domine avec 41,3 % des unités, loin devant Bobo-Dioulasso (14,4 %).
Pour le directeur général de l’INSD, Toubou Ripama, ces résultats constituent « un outil stratégique essentiel » pour mieux appréhender le tissu productif national et orienter les politiques publiques en matière de transformation économique, d’emploi et d’aménagement du territoire.
La cérémonie de présentation des résultats a été présidée par le secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances, Vieux Abdoul Rachid Soulama, qui a insisté sur l’importance de ces données pour guider les décisions publiques.
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