La 46ème édition du Moussem Culturel International d’Assilah s’est ouverte vendredi sous le Haut Patronage royal, dans une atmosphère empreinte d’émotion et de fidélité à la mémoire de son fondateur, feu Mohamed Benaïssa, ancien ministre et diplomate marocain disparu en février dernier.
La Bibliothèque Prince Bandar Ben Sultan à Assilah, ville côtière du nord du Maroc, a accueilli vendredi l’ouverture de la session d’automne de la 46ᵉ édition du Moussem Culturel International d’Assilah.
Placée sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI, cette cérémonie s’est déroulée dans une atmosphère de recueillement et de fidélité à la mémoire de son fondateur, feu Mohamed Benaïssa, ancien ministre et diplomate marocain disparu en février dernier. La session inaugurale, intitulée Khaimatu Al Ibdae (Tente de la Créativité), a été consacrée à son hommage et marquée par la lecture du message de condoléances du Souverain à la famille du défunt, témoignage de reconnaissance royale pour l’œuvre accomplie par cet homme d’État qui a profondément marqué la diplomatie culturelle marocaine.
Hatim Betioui succède à Mohamed Benaïssa
Prenant la parole en sa qualité de nouveau Secrétaire général de la Fondation du Forum d’Assilah, Hatim Betioui a salué la mémoire de Mohamed Benaïssa, rappelant que « sa disparition reste une blessure encore vive » pour tous ceux qui l’ont accompagné. Évoquant l’héritage du fondateur, il l’a décrit comme « un Marocain et un Arabe à l’horizon humaniste », guidé par l’ouverture et la tolérance, et il a comparé son œuvre à « une graine devenue un arbre fécond, dont les branches et l’ombre s’étendent à l’Est, à l’Ouest, au Nord et au Sud ».
Hatim Betioui a également assuré que la Fondation respecterait intégralement le programme conçu par le défunt pour 2025, « comme s’il avait pressenti son départ et voulu nous préparer à l’avenir », illustrant que « l’école de Mohamed Benaïssa a porté ses fruits et qu’il a laissé derrière lui des hommes et des femmes attachés à sa vision ».
Un rassemblement international
Cette édition mobilise plus de 350 personnalités issues de la pensée, de la diplomatie, des arts et des médias, et bénéficie du partenariat du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication ainsi que du Conseil communal d’Assilah.
Successeur de Mohamed Benaissa à la tête du du Conseil communal d’Assilah, Tarik Ghailan, a rappelé le rôle visionnaire de son prédécesseur, « l’homme qui a transformé Assilah en une fenêtre ouverte sur le monde », et a souligné sa proximité avec le défunt, sa sincérité, sa clairvoyance et sa fidélité aux valeurs de dialogue et de tolérance.
Témoignages et hommages
L’ancien président sénégalais Macky Sall a adressé un message vidéo aux organisateurs, saluant Mohamed Benaïssa comme « un serviteur infatigable de la culture » et un diplomate qui a fait du Moussem un « trait d’union entre les peuples, les cultures et les civilisations ». Il a rappelé la participation de Léopold Sédar Senghor à l’édition de 1982 et cité la place qui porte aujourd’hui son nom comme symbole de l’amitié entre Assilah et le Sénégal.
Ana Palacio, ancienne ministre espagnole des Affaires étrangères, a livré un témoignage vibrant. Elle a présenté Mohamed Benaïssa comme « un Marocain singulier projetant continuité et modernité, tradition et ouverture, pouvoir et sensibilité », soulignant son rôle de diplomate chevronné, ayant « incarné avec élégance et rigueur la meilleure tradition diplomatique du Royaume », sans oublier son attachement profond à Assilah, « sa ville natale et son honneur », transformée en laboratoire culturel et centre de dialogue universel.
Le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a également pris la parole, affirmant que ses échanges avec Mohamed Benaïssa lui avaient appris « que la justice est aussi une culture » et décrivant une ville d’Assilah orpheline depuis la disparition de son fondateur.
Une programmation riche et tournée vers l’avenir
Outre la session inaugurale, le programme de cette 46ᵉ édition comprend une conférence sur l’Initiative Atlantique marocaine, deux colloques sur les arts plastiques, un hommage à un pionnier des arts visuels marocains, ainsi que la remise du Prix Félix Tchicaya U’Tamsi de poésie africaine à la poétesse ivoirienne Tanella Boni.
Des expositions photographiques retraçant le parcours du fondateur, un salon des publications du Forum et de nombreux ateliers – peinture, gravure, lithographie et activités pour enfants – complètent l’agenda culturel.
Le président du Conseil communal a insisté sur la volonté de préserver l’identité culturelle et touristique d’Assilah tout en l’inscrivant dans une dynamique de modernité et de développement durable. « Le Moussem n’est plus seulement une manifestation, mais une école de valeurs créatives et un carrefour de cultures », a-t-il affirmé.
Cette 46ᵉ édition, qui se poursuivra jusqu’au 12 octobre, se veut à la fois un hommage au passé incarné par Mohamed Benaïssa et une projection vers l’avenir, confirmant le rôle du Moussem d’Assilah comme un espace de dialogue universel.
AC/Sf/APA






