Le gouvernement de l’Afrique du Sud a appelé les citoyens à veiller à ce que les marches et manifestations demeurent pacifiques et dûment déclarées auprès des forces de l’ordre, avertissant que les organisateurs pourraient être tenus responsables de tout acte criminel lié aux rassemblements dans un contexte de montée des tensions xénophobes.
La ministre sud-africaine de la Justice et du Développement constitutionnel, Mmamoloko Kubayi, a lancé cet avertissement lundi à l’issue d’une réunion du cluster sécuritaire regroupant des ministres, hauts responsables, partis politiques et organisations impliquées dans les récentes manifestations anti-immigrés.
Elle a mis en garde contre les appels diffusés en ligne en faveur de manifestations nationales contre l’immigration clandestine prévues le 30 juin, estimant qu’ils risquent d’aggraver une situation déjà volatile.
« Je tiens à souligner qu’ils ont le droit de manifester. Ils ont le droit d’organiser des protestations. Mais nous leur demandons de veiller à ce qu’elles restent pacifiques », a déclaré Mme Kubayi.
Elle a insisté sur le fait que toutes les marches et manifestations doivent être signalées aux autorités afin que les dispositifs de sécurité nécessaires puissent être mis en place.
La ministre a averti que les organisateurs qui ne notifieraient pas les forces de l’ordre « dégageraient l’État de toute responsabilité », ce qui signifie que toute violence ou tout dommage pourrait leur être directement imputé.
« Lorsque des marches ont lieu sans communication avec l’État, les organisateurs dégagent effectivement l’État de toute responsabilité. En conséquence, la responsabilité incombe alors aux organisateurs », a-t-elle ajouté.
Cet appel intervient alors que l’Afrique du Sud connaît une nouvelle vague de mobilisation xénophobe, plusieurs ressortissants étrangers signalant des actes d’intimidation et des attaques sporadiques dans différentes provinces.
Les tensions actuelles rappellent les flambées de violences de 2008, 2015 et 2019, qui avaient fait des dizaines de morts, déplacé des milliers de personnes et causé d’importants dégâts matériels.
Mme Kubayi a réaffirmé que l’Afrique du Sud n’est pas un pays xénophobe et a mis en garde contre toute confusion entre frustrations socio-économiques et hostilité envers les migrants.
Elle a rappelé que de nombreux ressortissants étrangers résident légalement dans le pays et contribuent à l’économie, tandis que les personnes en infraction avec les lois migratoires doivent être traitées dans le strict respect des procédures légales.
Des vice-ministres seront désormais déployés dans les zones sensibles afin de surveiller la situation et de veiller au respect de la loi, des rapports étant attendus sur l’évolution des conditions sur le terrain.
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