L’Église anglicane d’Afrique australe a appelé à la cessation immédiate des violences et actes d’intimidation visant les ressortissants étrangers, avertissant que des messages menaçants diffusés sur les réseaux sociaux alimentent les tensions xénophobes dans plusieurs provinces sud-africaines.
Dans un communiqué publié par le vicaire général et doyen de la province ecclésiastique, Stephen Diseko, l’Église s’est dite « profondément préoccupée » par la circulation de messages sur les plateformes numériques mettant en danger la sécurité et la vie des migrants vivant dans le pays.
Selon Stephen Diseko, cette rhétorique contribue à instaurer un climat de peur et d’hostilité, en contradiction avec les valeurs d’Ubuntu et l’engagement historique de Afrique du Sud en faveur de la dignité humaine.
« C’est pourquoi, au nom de l’ACSA, j’appelle tous les Sud-Africains qui s’en prennent aux migrants vivant dans notre pays et maltraitent ainsi nos frères et sœurs venus d’autres nations, à mettre fin à ces actes hostiles et menaçants, et à les aimer comme le Christ nous a aimés », a-t-il déclaré.
L’Afrique du Sud connaît depuis plusieurs semaines une recrudescence des tensions liées aux mouvements hostiles aux immigrés, avec notamment des commerces appartenant à des étrangers pris pour cible dans certaines communautés et des messages incendiaires largement relayés en ligne.
Cette nouvelle vague de sentiment xénophobe rappelle les épisodes de violences meurtrières enregistrés en 2008, 2015 et 2019, lorsque des migrants originaires d’autres pays africains avaient été attaqués, déplacés ou tués.
Les autorités sud-africaines ont récemment mis en garde contre le rôle croissant de la désinformation et des campagnes coordonnées sur les réseaux sociaux dans l’attisement des troubles.
Stephen Diseko a condamné ces violences et exhorté les Sud-Africains à rejeter toute forme d’agression, rappelant que tous les individus, indépendamment de leur race, de leur nationalité ou de leur religion, demeurent « des êtres humains, des frères et sœurs créés à l’image de Dieu ».
Il a insisté sur le fait que les lois sur l’immigration ne sauraient servir de justification à l’intimidation ou à la justice populaire, soulignant que seules les forces de l’ordre sont habilitées à faire respecter la réglementation.
L’Église a enfin appelé à préserver l’Afrique du Sud comme un espace sûr pour les citoyens comme pour les migrants, exhortant les communautés à promouvoir la paix, la tolérance et l’unité.
JN/lb/te/APA






