Le Caire tente de réactiver la coopération entre Téhéran et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), sur fond de sanctions onusiennes rétablies et de tensions persistantes au Moyen-Orient.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a eu jeudi deux entretiens téléphoniques séparés avec son homologue iranien, Abbas Araghchi, et le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Ces échanges, selon un communiqué officiel du ministère égyptien, s’inscrivent dans le cadre du « suivi du dossier nucléaire iranien et de la poursuite des efforts visant à consolider la stabilité régionale ».
Badr Abdelatty a souligné « la nécessité d’intensifier les contacts entre les différentes parties au cours de la période à venir » et affirmé que Le Caire « œuvre en vue d’une désescalade et d’un retour au calme dans la région du Moyen-Orient ». Cette initiative confirme la volonté de l’Égypte de se positionner comme un acteur diplomatique de stabilisation dans un contexte marqué par la méfiance entre l’Iran, l’Occident et les institutions multilatérales.
Le 9 septembre 2025, un accord avait été signé au Caire entre Téhéran et l’AIEA, marquant une tentative de relance de leur coopération après plusieurs mois de rupture. L’accord prévoyait la reprise des inspections des sites nucléaires iraniens, interrompues à la suite des frappes israélo-américaines contre des installations atomiques iraniennes.
Mais moins de trois semaines plus tard, le 28 septembre, l’ONU a rétabli ses sanctions contre l’Iran, levées en 2015 dans le cadre de l’accord international sur le nucléaire (JCPOA). Le groupe E3 – France, Royaume-Uni et Allemagne – a déclenché le mécanisme dit de « Snapback », arguant du non-respect par Téhéran de ses obligations.
En réaction, l’Iran a rappelé ses ambassadeurs dans ces trois capitales, accusant les Européens de « trahison politique » et l’AIEA de « partialité ». Téhéran a suspendu toute coopération avec l’agence, reprochant à cette dernière son silence face aux frappes israéliennes et américaines du mois de juin. Le Parlement iranien a ensuite adopté en juillet une loi interdisant toute collaboration avec l’organisation, bien que des inspecteurs aient été brièvement autorisés à revenir fin août pour procéder au remplacement du combustible de la centrale de Bushehr.
Dans ce contexte tendu, l’initiative égyptienne apparaît comme une tentative mesurée de renouer le dialogue sans s’aliéner ni Washington ni Téhéran. Le Caire, qui entretient des relations pragmatiques avec les deux camps, cherche à capitaliser sur son rôle d’hôte de l’accord du 9 septembre pour renforcer sa stature diplomatique régionale.
Pour l’heure, les perspectives demeurent incertaines : l’AIEA exige un retour complet de ses inspecteurs sur les sites sensibles, tandis que l’Iran conditionne toute reprise de coopération à la levée des sanctions et à une condamnation explicite des attaques menées contre son territoire.
MK/Sf/APA







