À Kinshasa, les consommateurs s’inquiètent de la hausse marquée des prix des fruits, qui varient fortement d’un quartier à l’autre, selon une enquête de l’Agence congolaise de presse (ACP).
Dans la capitale congolaise, les écarts de prix des fruits sont particulièrement visibles : dans les quartiers centraux comme la commune huppée de Gombe, un ananas peut atteindre 3 000 FC (environ 4,50 €), alors qu’il se vend entre 500 et 1 000 FC (soit 0,75 € à 1,50 €) dans des zones plus populaires telles que Matonge.
« Les tarifs dépendent du lieu, du coût du transport et des opportunités de vente », expliquent plusieurs vendeuses installées le long du boulevard du 30 Juin, qui justifient les prix élevés par les frais supplémentaires qu’elles doivent supporter.
Dans les communes de Lemba ou de Kintambo-Magasin, les ménagères disent constater une baisse des quantités disponibles. « Même les fruits de saison deviennent inabordables. Nous sommes obligées d’en acheter moins », témoigne une consommatrice.
Les vendeuses ambulantes, de leur côté, dénoncent les frais logistiques élevés et les risques de saisies par la police municipale. « Ici, la police nous pourchasse. Si on ne s’enfuit pas, ils confisquent nos fruits », déplore l’une d’elles.
Cette flambée des prix survient dans un contexte d’insécurité urbaine et de tensions sociales croissantes à Kinshasa, où des manifestations dénoncent la montée de la criminalité et les perturbations de l’approvisionnement.
La combinaison d’une inflation alimentaire persistante et d’une offre instable souligne les difficultés structurelles d’approvisionnement et la fragilité économique des quartiers populaires.
Depuis la fin de l’année 2024, les affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles du M23 se sont intensifiés dans l’Est du pays, notamment dans le Nord-Kivu, autour de Goma.
Selon plusieurs rapports, le mouvement M23 bénéficierait du soutien du Rwanda, ce que Kigali dément fermement.
La résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée le 21 février 2025, condamne l’offensive du M23 et exige la fin de toute assistance armée au groupe. Ce climat d’instabilité contribue à perturber les circuits d’approvisionnement et à faire grimper les prix des produits de base dans l’ensemble du pays.
RNK/te/Sf/APA






