L’assassinat présumé du commandant Ghnewa, figure centrale des forces de sécurité affiliées au gouvernement, a précipité l’escalade en Libye. L’aéroport de Mitiga a suspendu ses vols, et plusieurs quartiers de Tripoli sont toujours sous tension.
Des colonnes de fumée, des tirs nourris et des rues désertées : Tripoli a renoué, dans la nuit du 6 au 7 juillet, avec les images sombres de la guerre urbaine. Selon des sources sécuritaires locales, des affrontements ont éclaté entre la « Force spéciale de dissuasion » (connue sous le nom de Rada) et la puissante « 444e Brigade », à la suite de la mort non confirmée de Mahmoud Hamza, alias Ghnewa, commandant de la brigade Ghnewa affiliée au ministère de l’Intérieur.
Les combats se sont concentrés autour de l’aéroport de Mitiga, situé à l’est de la capitale, forçant les autorités aéroportuaires à suspendre tous les vols commerciaux. Des centaines de passagers ont été évacués en urgence, tandis que plusieurs compagnies ont dérouté leurs vols vers Misrata ou Benghazi. Le ministère des Transports a déclaré que « la sécurité des civils prime sur toute autre considérations ».
Des témoins évoquent également des tirs d’artillerie légère et de mitrailleuses dans les quartiers de Soug Jomaa, Ain Zara et Salah Eddine. Les écoles et administrations publiques ont fermé lundi, et les ambassades étrangères, dont celles de l’Italie et de la Turquie, ont émis des alertes de sécurité.
Aucune communication officielle n’a encore confirmé la mort du commandant Ghnewa, mais plusieurs vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des véhicules de la 444e Brigade transportant des blessés et encerclant des positions stratégiques tenues par la Rada.
Cette résurgence de violence met en évidence la fragilité du processus de réunification militaire lancé par l’ONU. La Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) a exhorté les parties à « la retenue absolue » et a appelé à un cessez-le-feu immédiat. Le chef du gouvernement d’unité nationale, Abdelhamid Dbeibah, est resté silencieux.
La Libye, morcelée entre milices concurrentes depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, peine toujours à construire une armée unifiée. À l’approche de possibles élections reportées à plusieurs reprises, ce nouvel épisode de violence illustre les divisions persistantes qui minent la stabilité du pays.
MK/ac/Sf/APA







