Le Mali et la Guinée ont ouvert, mardi 23 juin 2026 à Conakry, les travaux de leur Commission militaire mixte consacrée au renforcement de la sécurité frontalière.
La Commission militaire mixte Mali-Guinée a réuni à Conakry, ce mardi 23 juin 2026, des responsables militaires des deux pays autour du renseignement, de la coordination opérationnelle et de la lutte contre les menaces transfrontalières.
Cette session s’inscrit dans la continuité des travaux tenus à Bamako les 29 et 30 avril 2025, lors de la première réunion de la Commission mixte Mali-Guinée. Les deux parties y avaient déjà retenu plusieurs axes de coopération, notamment la lutte contre le terrorisme, la criminalité transfrontalière, l’échange de renseignements militaires, les patrouilles conjointes et la mise en place de mécanismes opérationnels le long de la frontière commune.
À Conakry, les discussions portent sur la mise en œuvre de ces engagements. Les échanges concernent notamment la modernisation des canaux de communication entre les états-majors, le partage d’informations sécuritaires, l’interopérabilité des forces et la coordination des réponses face aux menaces mobiles. Ces sujets occupent une place centrale dans les relations entre les deux pays, dont les zones frontalières sont traversées par des flux humains, commerciaux, pastoraux et miniers.
La première session de Bamako avait également évoqué la coopération entre écoles militaires, l’ouverture envisagée d’un poste d’attaché de défense guinéen au Mali, la création d’un bureau de transit militaire en Guinée, la préservation du port sec de Kankan et le contrôle de l’orpaillage clandestin dans les zones frontalières. Ces dossiers associent les questions de défense à des enjeux logistiques, économiques et territoriaux.
Le contexte sécuritaire régional donne un relief particulier à cette nouvelle rencontre. Le Mali reste confronté à des attaques de groupes armés dans plusieurs régions, avec des risques persistants sur les axes de circulation et d’approvisionnement. La sécurisation des routes, des frontières et des zones économiques constitue ainsi un enjeu direct pour les autorités maliennes et guinéennes.
La Guinée suit également l’évolution de la situation dans les régions proches du Mali. En mars 2026, les autorités judiciaires guinéennes ont annoncé l’interpellation et l’inculpation de plusieurs personnes soupçonnées de liens avec des réseaux terroristes. Les arrestations avaient été signalées dans les préfectures de Siguiri, Mandiana et Kankan, dans le nord-est du pays, une zone importante pour les échanges avec le Mali et pour les activités minières.
La coopération militaire entre Bamako et Conakry intervient aussi dans un contexte de rapprochement logistique. Le Mali cherche à diversifier ses voies d’accès à la mer, tandis que la Guinée met en avant le rôle du port de Conakry et de l’axe Conakry-Kankan-Kourémalé-Bamako. En janvier 2026, Bamako a approuvé l’attribution à la Guinée d’une réserve foncière de dix hectares destinée à soutenir des infrastructures liées au stockage et au transport.
La sécurisation de cet axe intéresse directement les opérateurs économiques, les transporteurs et les administrations des deux pays. Les marchandises transitant par la Guinée vers le Mali dépendent de la fluidité du passage frontalier, de la protection des routes et de la coordination entre services compétents.
Les travaux ouverts à Conakry doivent permettre de préciser les prochaines étapes de la coopération militaire bilatérale. Les conclusions attendues pourraient orienter les futures patrouilles conjointes, les échanges de renseignements, les dispositifs de liaison entre états-majors et les mécanismes de suivi des recommandations adoptées depuis la session de Bamako.
À travers cette Commission militaire mixte, le Mali et la Guinée cherchent à consolider un cadre de coopération sécuritaire dans un espace frontalier où les enjeux militaires, économiques et logistiques sont étroitement liés.
MD/Sf/APA







