Le Processus des États africains atlantiques (PEAA) constitue un levier stratégique pour l’intégration économique, la connectivité maritime et la sécurité énergétique du continent, ont affirmé mercredi à Banjul des responsables marocains et gambiens lors d’une conférence consacrée à l’avenir de l’espace atlantique africain.
La Gambie et le Maroc ont réaffirmé, ce mercredi 24 juin, leur engagement en faveur du Processus des États africains atlantiques (PEAA), présenté comme un cadre stratégique destiné à accélérer l’intégration économique, le développement des infrastructures et la coopération énergétique entre les pays riverains de l’Atlantique africain.
S’exprimant lors d’une conférence organisée à Banjul par l’ambassade du Maroc et l’Université de Gambie, le chargé d’affaires de l’ambassade marocaine, Ahmed Belhadj, a souligné que l’espace atlantique africain est appelé à devenir « le cœur stratégique de l’avenir du continent ».
Lancé en 2022 à l’initiative du roi Mohammed VI, le Processus des États africains atlantiques rassemble aujourd’hui 23 pays côtiers, du Maroc à l’Afrique du Sud. Selon M. Belhadj, cette plateforme vise à transformer l’Atlantique africain en un espace de paix, de stabilité et de prospérité partagée.
Le diplomate marocain a mis en avant les avancées enregistrées depuis le lancement de l’initiative, notamment l’installation d’un secrétariat permanent à Rabat, la création de groupes thématiques consacrés à la sécurité maritime, aux ressources halieutiques et à la transition énergétique, ainsi que l’adoption d’un programme d’action commun.
Il a également insisté sur le rôle du port Atlantique de Dakhla, dont la mise en service est attendue en 2028, estimant que cette infrastructure permettra aux pays sahéliens enclavés d’accéder directement à l’océan Atlantique et de renforcer leur intégration aux échanges commerciaux régionaux.
Abordant le projet de gazoduc Nigéria-Maroc, M. Belhadj a indiqué que cette infrastructure de près de 6 900 kilomètres, appelée à desservir 13 pays côtiers ainsi que plusieurs États sahéliens, devrait favoriser la sécurité énergétique, l’industrialisation et la création d’emplois à l’échelle régionale.
Pour sa part, le ministre gambien des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et des Gambiens de l’extérieur, Sering Modou Njie, a salué une initiative qui transforme l’Atlantique en « un pont reliant les peuples africains » et non en une frontière.
Le chef de la diplomatie gambienne a réaffirmé l’engagement de son pays dans ce processus, mettant en avant les projets de développement du port de Sanyang et de modernisation du port de Banjul, appelés à renforcer le rôle de la Gambie comme plateforme logistique et de réexportation pour les pays enclavés de la sous-région.
Selon lui, la connexion entre les infrastructures portuaires gambiennes et le futur port Atlantique de Dakhla pourrait contribuer à la création d’un corridor maritime facilitant les échanges commerciaux dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
M. Njie a également souligné l’importance du gazoduc Nigéria-Maroc pour son pays, estimant qu’il permettra d’améliorer l’accès à l’énergie, de réduire les coûts de l’électricité et de soutenir le développement industriel.
Les deux responsables ont enfin appelé à renforcer la coopération entre les États africains de la façade atlantique afin de faire du Processus des États africains atlantiques un instrument majeur d’intégration, de connectivité et de développement durable pour le continent.
AC/Sf/APA







