Une transformation discrète est en cours dans les comtés de Maryland, Grand Gedeh, Grand Bassa, Grand Cape Mount et Bong, en zone rurale au Libéria, à travers l’autonomisation économique des femmes.
Depuis des générations, la pauvreté, les pratiques traditionnelles néfastes, le manque d’accès à l’éducation et de profondes inégalités de genre marquent la vie des femmes et des filles de les zones rurales du Libéria. Les survivantes de violences sexuelles et sexistes, les victimes de mutilations génitales féminines, les femmes en situation de handicap, les familles monoparentales dirigées par des femmes, et les filles non scolarisées, sont toutes confrontées à de multiples formes d’exclusion sociale et de précarité économique.
Aujourd’hui, de nouvelles perspectives d’accès à la dignité, à l’inclusion et à l’autonomie économique émergent grâce à l’Initiative Spotlight 2.0, soutenue par l’Union européenne et ONU Femmes Libéria, et mise en œuvre par le Consortium HOPE, qui regroupe HOPE Liberia, HeForShe Liberia et le Réseau pour l’autonomisation des femmes et des enfants handicapés.
L’Initiative Spotlight 2.0 a commencé son action non pas par des formations classiques ou un soutien financier direct, mais par un dialogue approfondi avec les communautés locales. Les équipes du projet ont sillonné les villes et villages des cinq comtés ciblés, rencontrant chefs traditionnels, responsables locaux, jeunes et habitants dans des huttes communautaires, des mairies et des bureaux administratifs.
Ensemble, ils ont discuté des difficultés quotidiennes, des aspirations à long terme et des opportunités susceptibles de favoriser un changement durable. Grâce à ces échanges, les communautés ont participé à l’identification des bénéficiaires et influencé la conception des futures interventions du projet.
À l’issue de ces consultations, le projet a recensé les femmes et les filles les plus vulnérables afin de les orienter vers des programmes de développement des compétences, de formation à l’entrepreneuriat, d’éducation financière, des associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC) ainsi que d’autres activités génératrices de revenus.
Les bénéficiaires ont manifesté un vif intérêt pour des compétences pratiques telles que la fabrication de savon, la coiffure, la restauration, l’agriculture, la couture et la gestion de petites entreprises, autant d’activités essentielles à la création de revenus durables en milieu rural.
Bien que l’initiative en soit encore à ses débuts, des signes encourageants de changement sont déjà visibles. Plus de 1 100 femmes et filles ont été identifiées et intégrées à des réseaux de soutien et à des programmes d’autonomisation dans les cinq comtés concernés.
Les partenaires du projet observent également une participation accrue des femmes et des jeunes aux réunions communautaires, tandis que les inscriptions aux programmes de développement des moyens de subsistance et d’entrepreneuriat continuent de progresser.
Plus important encore, des sujets autrefois tabous sont désormais abordés ouvertement. Les violences sexuelles et sexistes, les mutilations génitales féminines, les mariages précoces, les droits des femmes et l’autonomisation économique font de plus en plus l’objet de discussions entre chefs traditionnels, autorités publiques, jeunes et femmes.
Dans le comté de Grand Gedeh, Béatrice Toe, mère de cinq enfants originaire de Billibo, voit dans cette initiative une occasion de construire un avenir meilleur pour sa famille. Elle affirme que le projet lui a redonné espoir en lui offrant la possibilité de mieux subvenir aux besoins de ses enfants et de leur ouvrir de nouvelles perspectives grâce à la formation.
Pour elle, comme pour de nombreuses autres bénéficiaires, l’accès aux formations et aux groupes d’épargne représente bien plus qu’un simple programme de développement : il s’agit d’une opportunité concrète d’acquérir une indépendance financière, de maintenir les enfants à l’école et d’assurer une stabilité durable au foyer.
À l’avenir, d’importants défis demeurent dans les zones rurales du Libéria. Les normes sociales profondément ancrées évoluent lentement, et les femmes en situation de handicap ou vivant dans l’extrême pauvreté continuent de faire face à des obstacles spécifiques.
Néanmoins, les bases d’une transformation durable sont en train d’être posées. À mesure que l’Initiative Spotlight 2.0 étendra ses activités de soutien aux moyens de subsistance, de développement des compétences, de mentorat et d’engagement communautaire, un nombre croissant de femmes et de filles disposera des outils nécessaires pour renforcer son autonomie économique et participer pleinement à la vie de la communauté.
ABJ/fss/te/Sf/APA







