L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a tiré la sonnette d’alarme face au risque d’une urgence de santé publique en Afrique australe, après l’enregistrement de 4 320 cas de choléra et 56 décès.
La sonnette est tirée par l’OMS après l’enregistrement de 4 320 cas de choléra et 56 décès en six semaines seulement, entre le 1er janvier et le 15 février — soit une progression de plus de sept fois supérieure à celle observée sur la même période l’année dernière.
Cette flambée en Afrique australe tranche radicalement avec la tendance observée sur le reste du continent, où les cas de choléra ont reculé de près de moitié depuis 2025.
Treize pays africains sont actuellement aux prises avec des foyers épidémiques, mais l’Afrique australe demeure l’épicentre de la crise, dans la continuité d’une dynamique amorcée lors de la saison cyclonique 2023-2024.
Le Mozambique concentre à lui seul 90 % des cas recensés dans la région depuis le début de l’année, dans le sillage de crues dévastatrices ayant affecté plus de 700 000 personnes. Le Malawi, la Namibie, la Zambie et le Zimbabwe ont également signalé des cas d’infection.
L’OMS impute cette recrudescence aux inondations sévères, aux destructions causées par les cyclones et à l’effondrement des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement dans plusieurs pays. Les responsables ont souligné que la saison cyclonique active, qui s’étend de janvier à avril, a aggravé la vulnérabilité de 27 zones à haut risque réparties dans cinq pays. La vétusté des infrastructures d’eau et d’assainissement, la récurrence des épidémies et les déplacements de populations ont réuni les conditions propices à la propagation rapide de la maladie.
« La forte hausse des cas de choléra en Afrique australe rappelle avec force comment les chocs climatiques amplifient les risques sanitaires », a déclaré Marie Roseline Darnycka Belizaire, directrice des urgences de l’OMS Afrique, ajoutant que l’organisation travaille en étroite collaboration avec les gouvernements concernés pour renforcer les capacités de réponse d’urgence et bâtir une résilience face aux menaces sanitaires liées au changement climatique.
Selon les projections de l’OMS, entre 12 000 et 22 000 cas supplémentaires pourraient survenir entre mars et août dans les scénarios les plus probables.
L’OMS et ses partenaires s’activent à acheminer des fournitures médicales, à soutenir la surveillance épidémiologique et à coordonner les interventions sanitaires d’urgence. Si la majorité des cas de choléra peut être traitée par réhydratation orale, les formes sévères nécessitent une perfusion intraveineuse et une antibiothérapie en urgence. Tout retard de prise en charge peut s’avérer fatal.
Le choléra demeure le révélateur des inégalités sociales et économiques les plus profondes, ses foyers étant intimement liés à l’insuffisance des infrastructures d’eau potable et d’assainissement.
JN/lb/Sf/APA







