Un documentaire dédié à l’écrivain malien Yambo Ouologuem a été projeté à Bamako, mardi 31 mars, en présence de hautes autorités. Réalisé par Kalidou Sy, le film retrace le destin singulier du premier auteur africain récompensé par le prix Renaudot.
La salle des Banquets du Centre international de conférences de Bamako a accueilli une projection officielle du film consacré à l’écrivain Yambo Ouologuem, marquée par la présence du Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, et du président du Conseil national de transition, Malick Diaw.
Né le 22 août 1940 à Bandiagara, Yambo Ouologuem s’impose sur la scène littéraire en 1968 avec Le Devoir de violence, œuvre majeure qui lui vaut le prix Renaudot — une première pour un écrivain africain. Salué pour sa puissance critique, le roman bouscule les visions idéalisées de l’Afrique précoloniale et s’inscrit rapidement dans les débats intellectuels internationaux.
Mais cette ascension fulgurante est suivie d’une controverse liée à des accusations de plagiat diffusées en Europe. Fragilisé, l’écrivain se retire progressivement de la vie publique, avant de se replier à Sévaré, où il mènera une existence discrète jusqu’à sa disparition le 14 octobre 2017.
À travers Yambo Ouologuem, la blessure, Kalidou Sy explore ce parcours contrasté, entre reconnaissance, isolement et silence. Le documentaire s’appuie sur des témoignages de proches, d’intellectuels et d’acteurs culturels pour interroger la place de l’écrivain dans l’histoire des idées en Afrique, mais aussi la dureté des jugements portés sur son œuvre.
Une partie des témoignages a été recueillie à Sévaré, lieu de retrait volontaire de l’auteur, perçu dans le film comme une rupture avec le monde littéraire occidental qui l’avait pourtant consacré.
Cette projection s’inscrit dans un contexte de réhabilitation progressive de la mémoire de Yambo Ouologuem au Mali, où son nom a notamment été attribué à l’université des lettres et des sciences humaines de Bamako. Le documentaire relance ainsi la réflexion sur l’héritage intellectuel de l’écrivain et sur la portée durable d’une œuvre qui continue de questionner l’histoire et les contradictions du continent africain.
MD/te/Sf/APA







