Alors que la fin de l’épidémie d’Ebola, déclarée le 4 septembre dans la province du Kasaï, semble désormais proche, les autorités sanitaires congolaises mettent en avant le rôle crucial de la vaccination pour prévenir toute résurgence du virus.
Depuis le 19 octobre, date du lancement du compte à rebours de 42 jours après la guérison du dernier patient, les équipes du ministère de la Santé, appuyées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), mènent une vaste campagne de vaccination ciblée dans les zones les plus touchées de la RDC, notamment à Bulape. L’objectif : consolider les acquis de la riposte contre l’épidémie d’Ebola et garantir l’éradication définitive de la maladie.
Démarrées le 14 septembre 2025, les opérations ont déjà permis d’immuniser plus de 44 000 personnes, grâce à la collaboration entre le gouvernement congolais, l’OMS, l’UNICEF, GAVI et d’autres partenaires. Les vaccins ont été transportés par une chaîne du froid renforcée, assurant leur efficacité malgré les contraintes logistiques rencontrées dans certaines zones reculées.
Sur le terrain, la mobilisation communautaire ne faiblit pas. Les familles répondent massivement à l’appel à la vaccination, encouragées par les leaders locaux et les agents de santé. « Se faire vacciner, c’est se protéger soi-même et protéger ceux qu’on aime », confie Bethy, une jeune mère récemment immunisée à Bulape.
Afin d’assurer une couverture maximale, les équipes travaillent main dans la main avec les autorités locales, multipliant les séances d’écoute et d’échanges.
« La confiance se construit pas à pas », explique Tshinga Kongo Esther, agente vaccinatrice qui souligne l’importance du dialogue pour la réussite de la campagne.
Cette approche de proximité renforce la résilience des habitants de Bulape face aux maladies à potentiel épidémique. Elle s’inscrit dans une stratégie de surveillance accrue, mise en œuvre à la lumière des flambées d’Ebola survenues en RDC depuis 2018. Les leçons tirées de ces précédentes crises ont permis une réaction rapide et coordonnée dans le Kasaï.
En parallèle, le gouvernement poursuit ses efforts pour consolider le système de santé : formation de plus de 600 agents communautaires, création de centres de surveillance épidémiologique et intensification des campagnes d’information sur l’hygiène et la prévention.
Selon le Dr Jules Bukasa, responsable du pilier vaccination, cette approche intégrée permet aujourd’hui de « sécuriser la chaîne de transmission » à mesure que le compte à rebours touche à sa fin.
Pour le Dr Mory Keita, gestionnaire de l’incident pour la réponse à Ebola de l’OMS Afrique, la vaccination demeure « un pilier majeur du contrôle de l’épidémie ».
À Bulape, symbole de cette mobilisation réussie, les communautés espèrent désormais tourner définitivement la page d’Ebola et reprendre le cours normal de leur vie.
RNK/te/Sf/APA







