Face aux inquiétudes entourant la sécurité de son président Tidjane Thiam, actuellement hors du pays, le PDCI, le principal parti de l’opposition ivoirienne appelle le pouvoir d’Abidjan à la table des négociations, invoquant l’intérêt supérieur de la cohésion nationale.
Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) choisit la voie de la concertation pour dénouer l’impasse entourant l’absence prolongée de son leader, hors du pays. Mardi, au cours d’une conférence de presse animée à Abidjan, Soumaila Bredoumy, porte-parole de la formation politique, a formellement plaidé pour l’ouverture d’un dialogue politique.
L’objectif principal : baliser le terrain et sécuriser le retour sur le sol ivoirien de Tidjane Thiam. Répondant aux critiques qui somment le président du PDCI de regagner la Côte d’Ivoire, Soumaïla Bredoumy a levé le voile sur les raisons profondes de cet éloignement, évoquant de sérieuses garanties de sécurité manquantes.
« Le président Thiam lui-même a déclaré sur une antenne internationale qu’on a envoyé quelqu’un le voir pour lui dire qu’on ne peut pas assurer sa sécurité s’il rentre en Côte d’Ivoire », a rappelé le porte-parole du PDCI, fort de sa propre expérience de l’incarcération et de l’exil.
Pour le PDCI, la question sécuritaire reste une réalité complexe et invisible pour le grand public.
« Quand tu es au pouvoir, il y a des choses que tu vois, que tu entends, que tu sens, que tu respires, que les autres ne voient pas », a justifié M. Bredoumy pour expliquer la prudence actuelle de l’état-major du parti.
Pour légitimer cette demande de compromis, le porte-parole du PDCI, le député Soumaila Bredoumy, a inscrit la situation actuelle de Tidjane Thiam dans la droite lignée des crises politiques majeures qu’a traversées la Côte d’Ivoire.
Il a notamment rappelé l’exil forcé de l’ancien président Henri Konan Bédié vers le Togo via le 43e BIMA après le coup d’État de 1999, avant que des négociations ne permettent son retour. De la même manière, Soumaila Bredoumy a cité le cas d’Alassane Ouattara, alors président du RDR, dont le retour au pays avait été rendu possible grâce à des accords politiques historiques.
« C’est pour tout cela que nous parlons de dialogue pour régler ce problème », a-t-il martelé, avant d’ajouter : « Qu’est-ce qu’il a fait, qu’est-ce qu’il n’a pas fait, tout le monde verra ce qui se passe et puis il rentre, il fait ses activités. C’est ce qu’on demande »
Le PDCI précise que cette démarche de décrispation ne se limite pas au seul cas de son président, mais englobe également l’ensemble des détenus d’opinion en Côte d’Ivoire. Selon la formation d’opposition, une telle démarche humanitaire et politique pourrait servir de « jurisprudence » salutaire, y compris pour les dirigeants actuels du pouvoir.
À l’approche des grands défis politiques du pays, le parti fondé par Félix Houphouët-Boigny appelle à dépasser les clivages pour réunir toutes les compétences nationales. L’enjeu dépasse le simple cadre partisan pour toucher à la transition démocratique.
« On parle de l’avenir de la Côte d’Ivoire, on parle de qui va nous diriger après la génération des Houphouët-Boigny, de Bédié, de M. Ouattara et de Gbagbo, pour que la Côte d’Ivoire soit un pays souverain où il fait bon vivre », a conclu Soumaila Bredoumy.
AP/Sf/APA







