La région orientale, moteur de croissance du continent africain, doit renforcer ses financements et ses réformes pour une économie plus inclusive et résiliente.
L’Afrique de l’Est doit engager des réformes structurelles ambitieuses afin de consolider sa croissance économique, mobiliser davantage de capitaux et accélérer sa transformation, selon les Perspectives économiques 2026 pour l’Afrique de l’Est publiées par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD).
La région d’Afrique de l’Est demeure, pour la deuxième année consécutive, la plus dynamique du continent africain, avec une croissance passée de 4,3 % en 2024 à environ 6,6 % en 2025. Cette progression a été soutenue par la vigueur de la consommation, l’augmentation des investissements publics et privés, la reprise de la production agricole et l’expansion continue du secteur des services.
La BAD prévoit toutefois un ralentissement de la croissance à 5,9 % en 2026, en raison notamment de la hausse des prix de l’énergie, des tensions géopolitiques et du durcissement des conditions financières internationales.
Selon le rapport, le principal défi de la région reste le financement du développement. L’Afrique de l’Est fait face à un déficit annuel estimé à 119 milliards de dollars, qui limite les investissements nécessaires dans les infrastructures, l’industrialisation, la lutte contre le changement climatique et la création d’emplois.
Pour réduire cet écart, la BAD recommande une mobilisation accrue des ressources nationales, un développement des marchés de capitaux, une amélioration de la gestion des finances publiques et une participation renforcée du secteur privé.
« La résilience exige des pays qu’ils renforcent leurs capacités nationales tout en approfondissant la coopération régionale, en mutualisant les opportunités et en mobilisant des capitaux à plus grande échelle », a déclaré Eva Ruganzu, responsable régionale du soutien à la mise en œuvre pour l’Afrique de l’Est au sein du Groupe de la BAD.
Le rapport met également en avant les performances contrastées des pays de la région. Le Rwanda figure parmi les économies les plus performantes grâce à ses réformes et à ses investissements, tandis que la Tanzanie et l’Ouganda maintiennent une croissance soutenue par les infrastructures et la demande intérieure. Le Kenya continue, pour sa part, de jouer un rôle central comme plateforme régionale dans le commerce, la finance, la logistique et l’innovation numérique.
La BAD souligne cependant que les faiblesses institutionnelles restent un obstacle majeur à une croissance véritablement transformatrice. Les experts appellent à une meilleure coordination des investissements, à une amélioration du cadre réglementaire et à une préparation accrue des projets afin d’attirer davantage les investisseurs privés.
À court terme, l’institution financière recommande aux gouvernements d’améliorer l’administration fiscale, de renforcer l’efficacité des dépenses publiques et de lutter contre les flux financiers illicites. À moyen et long termes, elle préconise le développement des partenariats public-privé, la mobilisation des capitaux de la diaspora et des fonds de pension ainsi que l’approfondissement de l’intégration financière régionale.
Kenya : un besoin urgent de financements innovants
Dans son rapport consacré au Kenya, la BAD relève que l’économie du pays est restée résiliente en 2025 grâce aux services et aux investissements, mais demeure confrontée à des pressions budgétaires, à un niveau élevé d’endettement public et au chômage.
Le pays aurait besoin d’environ 14,2 milliards de dollars de financements annuels pour son développement, avec un déficit estimé à 12,5 milliards de dollars d’ici 2030.
Pour répondre à ces besoins, Nairobi mise sur des mécanismes innovants, notamment le Fonds national d’infrastructure, créé en mars 2026 pour mobiliser des capitaux publics et privés en faveur de grands projets.
La BAD recommande également au Kenya de renforcer ses recettes intérieures, d’améliorer la crédibilité budgétaire, de développer la finance verte et de mieux exploiter les ressources des fonds de pension et des assurances afin de financer durablement sa croissance.
AC/Sf/APA







