L’Autorité de régulation des télécommunications en Côte d’Ivoire (ARTCI) a donné ce lundi le coup d’envoi de la 2ème édition du Forum sur le peering et l’interconnexion (Peering Day 2026). Ce rendez-vous stratégique braque les projecteurs sur les infrastructures Internet du pays, en pleine accélération vers la souveraineté numérique et la baisse des coûts de connectivité.
Au centre des discussions du 2e Forum Peering day 2026 organisé par l’ARTCI se trouve le point d’échange Internet de la Côte d’Ivoire (CIVIX). Opérationnelle depuis octobre 2013, cette infrastructure stratégique permet d’interconnecter les opérateurs locaux et de conserver le trafic Internet national sur le territoire.
Les chiffres témoignent d’une progression fulgurante de la bande passante : En 2025-2026 l’ARTCI, organe de régulation du secteur des Télécoms, a atteint 36 Gbps de trafic moyen journalier, contre 20 Gbps en 2020-2024 ; 10 Gbps en 2019 et 4 Mbps en 2013.
Aline N’Dakon, représentante du directeur général de l’ARTCI, a rappelé les acquis de la première édition, notamment l’intégration du géant mondial du contenu Akamai au CIVIX. Ce raccordement a drastiquement réduit la latence pour les utilisateurs ivoiriens.

Aujourd’hui, l’infrastructure attire les plus grands acteurs internationaux tels que Netflix et PCH, aux côtés des opérateurs et fournisseurs d’accès Internet (FAI) locaux. Le pays s’achemine vers une baisse des coûts Internet et une bascule en hub numérique régional.
Représentant le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation Technologique à cette 2ème édition du Forum sur le Peering et l’Interconnexion, Alphonse Bayala a souligné que la connectivité résiliente est devenue un enjeu majeur de compétitivité.
L’un des grands défis du forum reste l’optimisation des routes Internet pour réduire la dépendance aux transits internationaux coûteux. Selon lui, cette vision exige un engagement collectif des acteurs satellitaires, des opérateurs et du régulateur pour répercuter ces gains sur l’utilisateur final.
L’avenir s’annonce ambitieux. La Côte d’Ivoire a été retenue par l’Unité de Préparation et de Développement de Projets (PPDU) pour faire évoluer le CIVIX d’un statut national vers un Point d’Échange Internet Régional (RIXP).

Pour soutenir cette transition, le pays modernise ses équipements de pointe. Philippe Kouamé, conseiller spécial du DG de l’ARTCI et directeur de la confiance numérique, a annoncé que la Côte d’Ivoire ambitionne de basculer vers des infrastructures supportant des ports de 100 Gbps.
Un port Internet de 100 Gbps est une interface physique de haute technologie capable de propulser jusqu’à 100 milliards de bits de données par seconde. Véritable autoroute numérique, cette connectique permet d’absorber des flux massifs d’informations en éliminant tout risque de saturation du réseau.
Dans cette dynamique d’extension, le déploiement très prochain d’un nouveau point de présence au sein du Datacenter RAXIO de Grand-Bassam, une ville balnéaire à 40 Km au Sud-est d’Abidjan, a également été officialisé.
À l’instar du Nigéria avec le NGPIF, la Côte d’Ivoire s’impose désormais comme un précurseur en Afrique de l’Ouest. Le Peering Day s’affirme définitivement comme le levier indispensable pour faire d’Abidjan le hub technologique de référence de la sous-région.
AP/APA






