Le tribunal de première instance de Tunis tient ce lundi, en Visio, ne audience d’appel dans l’affaire dite du « complot contre la sûreté de l’État », l’un des dossiers les plus sensibles depuis le 25 juillet 2021.
Les accusés de « complot contre la sûreté de l’État » en Tunisie, parmi lesquels figurent des figures de l’opposition, d’anciens responsables, des journalistes et des activistes, sont poursuivis pour constitution d’un groupe terroriste, complot contre la sûreté intérieure de l’État, financement du terrorisme, blanchiment d’argent, tentative de renversement du régime et incitation à la violence sur les réseaux sociaux.
Selon le comité de défense des détenus politiques, la cour a décidé de tenir les débats par visioconférence, sans la présence physique des accusés — une décision qualifiée de « violation flagrante des droits de la défense ». Les avocats dénoncent une mesure qui, selon eux, prive les prévenus de leur droit à un procès équitable et traduit une « mise à l’écart délibérée des détenus de leur propre procès ».
Le comité souligne également que le recours à la visioconférence, officiellement motivé par des raisons logistiques et sécuritaires, limite l’accès des familles, des journalistes et des observateurs, compromettant ainsi le caractère public et transparent de la procédure.
Depuis l’ouverture de l’enquête en février 2023, les accusés rejettent fermement des charges qu’ils jugent « fabriquées de toutes pièces » dans un contexte de répression politique et de recentralisation autoritaire du pouvoir sous la présidence de Kaïs Saïed. Leurs défenseurs dénoncent une « instrumentalisation du pouvoir judiciaire à des fins politiques » et un climat de peur pesant sur les libertés publiques.
Ce procès, emblématique des tensions politiques actuelles en Tunisie, illustre la fracture entre un exécutif accusé de dérive autoritaire et une opposition affaiblie mais toujours active. Les observateurs internationaux, notamment les organisations de défense des droits humains, suivent de près cette affaire considérée comme un test majeur pour l’indépendance de la justice tunisienne.
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