Face à la forte dépendance de ses ventes extérieures au marché européen, la Tunisie est appelée à accélérer son intégration économique au continent africain. Les responsables réunis à Tunis lors du premier Forum de la ZLECAf ont plaidé pour une stratégie plus offensive afin de saisir les opportunités offertes par le marché africain.
La Tunisie doit renforcer son ancrage économique en Afrique pour réduire sa dépendance aux marchés traditionnels et tirer pleinement parti des opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), ont souligné plusieurs intervenants lors de la première édition du Forum de la ZLECAf, organisée mercredi à Tunis sous le thème « Le hub Tunisie face à la ZLECAf : Opportunités et croissance ».
Intervenant à cette occasion, le sous-directeur de la coopération économique et commerciale au ministère tunisien du Commerce et du Développement des exportations, Fakhri Bouzayen, a estimé que la ZLECAf représente bien plus qu’un simple accord de réduction tarifaire.
« La ZLECAF n’est pas seulement un accord tarifaire, c’est une refonte fondamentale de l’avantage concurrentiel tunisien », a-t-il déclaré, appelant à une mobilisation coordonnée des pouvoirs publics, des institutions d’appui et du secteur privé.
Le responsable a rappelé que 66 % des exportations tunisiennes restent destinées au marché européen, qu’il a qualifié de marché mature et exposé aux fluctuations économiques régionales. Dans ce contexte, la diversification géographique des débouchés apparaît comme une nécessité stratégique plutôt qu’une simple option.
Bien que les exportations tunisiennes vers l’Afrique ne représentent qu’environ 4,5 % du total des ventes extérieures du pays, Fakhri Bouzayen a mis en avant plusieurs atouts de la Tunisie, notamment la diversité de son offre exportable, sa présence dans 42 pays africains et un niveau élevé de complexité de ses exportations. Selon lui, ces acquis constituent une base solide pour renforcer la présence tunisienne sur les marchés africains.
Au-delà des échanges commerciaux, les participants ont insisté sur l’importance de l’intégration dans les chaînes de valeur régionales africaines. Le développement du commerce des services a également été présenté comme un axe stratégique, la libéralisation progressive de ce secteur ouvrant de nouvelles perspectives pour les entreprises tunisiennes au-delà des seules exportations de biens.
Les discussions ont par ailleurs mis en lumière les avancées de la ZLECAf à l’échelle continentale. Selon les données présentées lors du forum, 25 pays africains s’apprêtent à finaliser l’intégration de leurs concessions tarifaires dans leurs législations nationales, contre seulement 11 actuellement et huit en 2022, une étape jugée essentielle pour l’application effective des réductions de droits de douane prévues par l’accord.
MK/AK/Sf/APA






