Plus de huit cents ressortissants congolais ont été expulsés d’Angola vers la République démocratique du Congo (RDC) dimanche dernier, dans des conditions qualifiées d’« inhumaines » par la Coordination de l’hygiène et de la santé aux frontières (CHSF).
Les retours forcés de plus de 800 Congolais ont été enregistrés principalement aux postes-frontières du Kasaï et du Kwango, le long des plus de 2 500 kilomètres de frontière avec l’Angola. Selon la CHSF, les personnes expulsées ont été transportées dans des camions surchargés, sans eau potable ni assistance médicale.
« Plusieurs d’entre eux souffrent de déshydratation, d’épuisement et de maladies transmissibles comme le paludisme ou la diarrhée aiguë », a indiqué le Dr Émile Mbikyo, coordonnateur national de la CHSF.
Les autorités sanitaires congolaises redoutent que ces arrivées massives ne favorisent la propagation d’épidémies. Des examens réalisés sur place ont déjà permis d’identifier quinze cas suspects de fièvre jaune et vingt de tuberculose parmi les rapatriés, selon la même source.
Face à cette situation, la CHSF appelle à un dialogue bilatéral entre Kinshasa et Luanda afin de garantir des retours respectueux des droits humains. L’institution prévient que la répétition de telles expulsions pourrait fragiliser la stabilité régionale.
Ce n’est pas la première fois que l’Angola procède à des renvois massifs. En 2018, plus de 360 000 Congolais avaient déjà été expulsés, provoquant une grave crise humanitaire dans la région du Kasaï.
Luanda justifie ces opérations par la lutte contre l’immigration irrégulière, notamment dans ses zones minières frontalières, tandis que Kinshasa plaide pour des retours organisés et encadrés.
Malgré ces tensions migratoires récurrentes, les relations diplomatiques entre les deux pays demeurent bonnes. Le président Félix Tshisekedi a, à plusieurs reprises, salué les efforts de son homologue angolais Joao Lourenço pour la paix dans l’est de la RDC.
RNK/te/Sf/APA






