Selon Haythem El Mekki, la condamnation repose sur l’article 86 du Code des télécommunications, après qu’une enquête eut été ouverte en 2024 à la suite d’une publication évoquant l’état de la morgue de l’hôpital de Sfax. Le chroniqueur avait bénéficié d’un non-lieu en première instance avant d’être finalement condamné en appel.
L’affaire s’inscrit dans le cadre de l’application du décret-loi n°54, adopté par le président Kaïs Saïed pour lutter contre la diffusion de « fausses informations ». Ce texte est régulièrement dénoncé par les organisations de défense des droits humains, qui estiment qu’il est utilisé pour poursuivre des journalistes, des militants et des opposants politiques.
Sur sa page Facebook, Haythem El Mekki a réagi avec ironie à sa condamnation : « Ce n’est pas grave, Tunisie. Tu as toujours été une grande prison, même si parfois tu offres une soupape. »
Connu pour ses analyses politiques incisives, Haythem El Mekki figurait parmi les commentateurs les plus influents de la Tunisie post-révolution de 2011. Longtemps chroniqueur de l’émission « Midi Show » sur la radio Mosaïque FM, il demeure aujourd’hui actif sur les réseaux sociaux et siège au comité éditorial de la plateforme indépendante Rachma.
Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a dénoncé cette condamnation, estimant qu’elle reflète une « tendance inquiétante » susceptible d’installer « un climat d’intimidation et d’autocensure » au sein de la profession.
Depuis 2023, Haythem El Mekki a fait l’objet de trois procédures judiciaires, toutes liées à ses prises de position publiques ou à ses publications en ligne.
Cette condamnation intervient dans un contexte marqué par un recul croissant des libertés publiques en Tunisie. Depuis la concentration des pouvoirs entre les mains du président Kaïs Saïed à l’été 2021, de nombreuses organisations nationales et internationales alertent sur la dégradation de la liberté d’expression, l’indépendance de la justice et le traitement réservé aux opposants, journalistes et acteurs de la société civile.
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