Alors que le MSP se dit prêt au partenariat politique avec la majorité, la nouvelle législature s’ouvre en Algérie sous le signe d’une continuité politique, avec une majorité consolidée et des marges de manœuvre suffisantes pour gouverner sans modifier en profondeur les équilibres issus du scrutin du 2 juillet.
Après les élections législatives du 2 juillet 2026, le Mouvement de la société pour la paix (MSP) se dit prêt à nouer un partenariat avec les partis de la majorité parlementaire. Si cette main tendue alimente les spéculations sur un éventuel élargissement de la coalition au pouvoir, la nouvelle configuration politique issue des urnes offre déjà au FLN et à ses alliés une majorité confortable, limitant les incitations à une véritable ouverture.
Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abdelaali Hassani Cherif, a affirmé que son parti n’était pas opposé à l’idée d’un partenariat politique avec les formations constituant la majorité parlementaire. Présentée comme une contribution au renforcement de la cohésion nationale et du front interne, cette déclaration relance le débat sur une éventuelle recomposition des alliances au sein de la scène politique algérienne.
Le dirigeant du MSP justifie cette démarche par la nécessité de rassembler les forces politiques autour des priorités nationales et d’accompagner les institutions dans un contexte marqué par de nombreux défis économiques et géopolitiques.
Toutefois, cette ouverture intervient alors même que les résultats des élections législatives du 2 juillet 2026 ont consolidé la position des partis déjà au pouvoir.
Le Front de libération nationale (FLN) demeure la première force politique de l’Assemblée populaire nationale, devant le Rassemblement national démocratique (RND) et le Front El Moustakbal. À eux trois, ces partis disposent d’une majorité suffisamment large pour contrôler les principales instances parlementaires, adopter les textes législatifs et soutenir l’action gouvernementale sans dépendre d’alliances supplémentaires.
Dans ce contexte, l’intérêt politique d’un élargissement de la majorité apparaît limité. Si certains observateurs évoquent la possibilité d’intégrer des formations proches du courant nationalo-conservateur, comme le Mouvement El Bina d’Abdelkader Bengrina, rien n’indique à ce stade qu’une telle recomposition constitue une priorité pour les autorités.
Le cas du MSP suscite par ailleurs des réserves. Son expérience au sein de l’ancienne Alliance présidentielle avait laissé des tensions entre partenaires, plusieurs responsables estimant que le mouvement islamiste n’avait pas respecté les engagements qui fondaient cette coalition. Ce précédent continue d’alimenter les interrogations sur la solidité d’une éventuelle nouvelle alliance.
La future Assemblée populaire nationale devrait ainsi fonctionner avec une majorité relativement homogène, facilitant la mise en place de ses commissions et l’adoption de son agenda législatif. Cette stabilité institutionnelle réduit mécaniquement la nécessité d’élargir la coalition gouvernementale.
Au-delà des déclarations d’intention, la proposition du MSP apparaît donc davantage comme un signal politique que comme l’annonce d’une recomposition imminente. Dans un système où l’équilibre parlementaire est déjà assuré par les forces de la majorité, toute ouverture dépendra moins de l’arithmétique électorale que d’une éventuelle volonté du pouvoir d’élargir sa base politique.
À ce stade, aucun élément concret ne permet de conclure à la formation prochaine d’un gouvernement de coalition plus large.
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