Conflits armés, déplacements de populations, épidémies et chocs climatiques continuent de fragiliser la République centrafricaine et le Tchad. Les besoins humanitaires se montent à plus d’un milliard de dollars.
Jeudi, la RCA et le Tchad, pays voisins d’Afrique centrale, ont lancé, avec leurs partenaires humanitaires, des appels de fonds majeurs afin de répondre aux besoins de millions de personnes vulnérables, jusqu’à hauteur de 1,3 milliards de dollars.
En République centrafricaine (RCA), le gouvernement et la communauté humanitaire estiment à 264,1 millions de dollars les financements nécessaires pour venir en aide à 1,3 million de personnes parmi les plus vulnérables en 2026, dans le cadre du Plan de réponse humanitaire.
L’assistance humanitaire y demeure essentielle pour 2,3 millions de personnes, soit près de 35 % de la population du pays.
« Nous appelons la communauté internationale à renouveler son engagement envers les populations centrafricaines. La solidarité internationale, aujourd’hui plus que jamais, ne peut pas attendre », a déclaré Mohamed Ag Ayoya, Coordonnateur humanitaire pour la RCA.
Les besoins sont accentués par les mouvements de populations, notamment l’arrivée de réfugiés soudanais et le retour de réfugiés centrafricains. Ces dynamiques exercent une pression accrue sur les services de base, en particulier dans les secteurs de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement, de la sécurité alimentaire et de la santé.
Dans un contexte international marqué par la raréfaction des financements, les acteurs humanitaires ont dû procéder à une priorisation renforcée de leurs interventions, concentrant les ressources sur les zones où les besoins vitaux sont les plus urgents. L’enveloppe requise pour 2026 représente ainsi le niveau de financement le plus bas enregistré au cours des sept dernières années, malgré l’ampleur des besoins.
En 2025, seuls 116,9 millions de dollars, soit 36 % des fonds requis, avaient été mobilisés, permettant d’apporter une assistance minimale à 887 000 personnes, environ la moitié de la cible initiale.
Au Tchad, un Plan de réponse humanitaire d’un montant de 986 millions de dollars a également été lancé jeudi à N’Djaména. Il vise à venir en aide à 3,4 millions de personnes, dont une part importante de réfugiés. Sur ce montant, 540 millions de dollars sont destinés à la réponse en faveur des réfugiés.
Le pays fait face à l’une des crises humanitaires les plus complexes du Sahel, alimentée par les conflits régionaux, les déplacements massifs, les effets du changement climatique, l’insécurité alimentaire, la malnutrition et les épidémies. Le Tchad accueille actuellement plus de 1,5 million de réfugiés, en plus de centaines de milliers de déplacés internes et de rapatriés.
Selon l’ONU, les efforts humanitaires seront concentrés sur les zones les plus affectées, notamment l’est du pays, la province du Lac et certaines régions du sud.
La République centrafricaine et le Tchad figurent parmi les pays les plus vulnérables d’Afrique centrale et du Sahel. L’instabilité sécuritaire régionale, combinée aux effets du changement climatique et à la pression démographique liée aux déplacements forcés, continue d’aggraver les besoins humanitaires, alors même que les ressources disponibles diminuent.
DM/Sf/APA







