Le ministre nigérian de la Défense, le général Christopher Musa, a appelé mardi à une coopération renforcée entre la Cédéao et l’Alliance des États du Sahel (AES) pour faire face au terrorisme et à la criminalité transfrontalière, dans un contexte de reprise du dialogue entre les deux organisations en vue de redéfinir leurs relations.
Le ministre nigérian de la Défense, le général Christopher Musa, a appelé mardi à une coopération sécuritaire renforcée entre la Cédéao et l’Alliance des États du Sahel (AES), estimant que les deux blocs doivent unir leurs efforts face à la menace terroriste qui continue de déstabiliser la sous-région.
En visite de travail de trois jours à Cotonou, le général Musa a affirmé que « la Cédéao et l’AES doivent travailler ensemble pour vaincre le terrorisme, neutraliser les criminels transnationaux et protéger l’avenir de l’Afrique de l’Ouest ».
Selon lui, les menaces auxquelles fait face la région « ne reconnaissent ni ne respectent les frontières nationales » et exigent « une coordination plus approfondie, un partage renforcé du renseignement et une coopération pratique entre les États voisins ». Il a également plaidé pour la mise en place d’un cadre régional capable de répondre au terrorisme, à l’extrémisme violent, à la criminalité transfrontalière et à l’insécurité maritime dans le golfe de Guinée.
Cet appel intervient alors que la Cédéao et la Confédération des États du Sahel s’emploient à définir un nouveau cadre de relations après le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de l’organisation ouest-africaine.
Lors de leur 69ᵉ sommet ordinaire, tenu en juillet à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d’État et de gouvernement de la Cédéao ont prorogé jusqu’en décembre 2026 le mandat de leur négociateur en chef, Lansana Kouyaté, tout en réaffirmant que les discussions avec les trois États de l’AES se poursuivraient exclusivement dans un cadre collectif. Ils ont également invité les États membres à s’abstenir de conclure des accords bilatéraux susceptibles de compromettre la cohésion de l’organisation.
De son côté, l’AES a harmonisé les positions du Burkina Faso, du Mali et du Niger en vue de ces négociations. Une réunion informelle tenue en mai à Lomé avait déjà réuni des responsables des deux organisations afin d’explorer les bases d’un futur partenariat, notamment sur les questions sécuritaires, les corridors logistiques et la préservation de la libre circulation.
Dans ce contexte, l’appel du général Musa renforce les signaux en faveur d’une coopération pragmatique entre la Cédéao et l’AES sur les enjeux de sécurité, malgré les divergences politiques qui persistent entre les deux blocs.
Au cours de son séjour à Cotonou, le ministre nigérian a également rencontré les militaires nigérians déployés à Togbin, auxquels il a transmis le soutien du président Bola Ahmed Tinubu, avant d’être reçu à la Maison du Nigeria par l’ambassadrice Mopelola Ibrahim.
AC/APA







