Une organisation de défense des droits humains met en garde contre une détérioration rapide de l’accès à l’eau en Libye, sur fond d’infrastructures fragilisées et de défaillances de gestion.
À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, célébrée le 22 mars, l’Organisation de solidarité pour les droits de l’homme a tiré la sonnette d’alarme sur la situation hydrique en Libye. Dans un communiqué, elle souligne que le pays dépend à plus de 97 % du système de rivières artificielles et des nappes souterraines pour son approvisionnement, une configuration qui accentue la vulnérabilité du système face aux perturbations.
Cette dépendance structurelle se traduit par une exposition accrue aux dégradations des infrastructures. Le rapport met en avant des attaques répétées contre les installations hydrauliques, ainsi que des connexions illégales et des actes de sabotage. À ces facteurs s’ajoutent un manque d’entretien et des insuffisances en matière de gouvernance, qui fragilisent davantage la continuité du service et accentuent les déséquilibres territoriaux d’accès à l’eau.
Ces dysfonctionnements se répercutent directement sur les services essentiels. Les pénuries signalées touchent notamment les écoles, les hôpitaux et les centres de détention, où les conditions sanitaires se dégradent. L’organisation évoque également des pratiques telles que la vente d’eau à l’intérieur des prisons, révélatrices d’une pression croissante sur la ressource et de ses conséquences en matière de santé publique.
Une telle dynamique souligne les limites du modèle actuel d’approvisionnement et appelle à une réorientation des politiques hydriques. L’organisation recommande un investissement accru dans des sources alternatives, en particulier le dessalement, tout en insistant sur la nécessité de renforcer la protection des infrastructures existantes et d’améliorer la transparence dans la gestion du secteur.
Au-delà de l’urgence, l’accès à l’eau potable apparaît comme un déterminant central de la stabilité du pays. L’organisation estime qu’une gestion durable et sécurisée de la ressource constitue un levier structurant pour le développement à long terme de la Libye, dans un contexte régional où les enjeux hydriques occupent une place croissante.
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