L’organisation Media Rights Agenda (MRA) a appelé les gouvernements fédéraux du Nigéria à prendre des mesures pour remédier aux nombreux obstacles qui entravent l’accès des femmes à l’information dans l’écosystème informationnel du pays.
Media Rights Agenda (MRA) a réagi lors de cette Journée internationale des femmes, estimant qu’aucune avancée significative ne peut être accomplie pour les femmes nigérianes tant que les portes de l’information publique leur restent fermées par le secret bureaucratique et autres barrières structurelles.
Dans un communiqué publié à Lagos à l’occasion de la Journée internationale des femmes (JIF), Mme Ayomide Eweje, chargée de programme à la MRA, a soutenu que « l’accès à l’information n’est pas seulement un droit juridique, mais constitue un outil essentiel de survie, d’autonomisation et d’égalité pour les femmes, en leur permettant de prendre des décisions éclairées, d’exercer et de revendiquer leurs droits, et de participer pleinement à la vie sociale, économique et politique. »
Elle a expliqué que l’accès à l’information est un facteur déterminant de l’amélioration du statut socio-économique des femmes, leur permettant de contribuer efficacement à l’économie.
« L’accès au numérique et à l’information permet également aux femmes de tirer parti d’outils favorisant l’entrepreneuriat, la croissance financière et le réseautage (…)
L’information est indispensable pour que les femmes puissent accéder au crédit pour leurs petites entreprises et gérer leurs ressources économiques, tandis que les réseaux d’information peuvent combler le fossé pour les femmes rurales, souvent exclues des opportunités économiques en raison du manque d’infrastructures, d’accès aux connaissances et d’autres obstacles », a-t-elle précisé.
Sur le plan de la santé, Mme Eweje a fait valoir que l’information est indispensable pour que les femmes puissent prendre des décisions éclairées concernant leur corps et leur santé. L’accès à des services de santé reproductive complets, qui va de pair avec l’accès à l’information et aux connaissances, permet aux femmes de garantir des accouchements sûrs et de réduire la mortalité maternelle, tandis que la sensibilisation aux méthodes modernes de planification familiale contribue à prévenir les avortements non sécurisés et les infections sexuellement transmissibles.
Elle a également souligné que sans accès à l’information, les femmes ne peuvent pas participer pleinement aux processus démocratiques du pays. Cet accès leur permet de prendre part aux débats sur les questions socio-économiques, d’exiger des comptes sur la fourniture de services publics tels que les soins de santé, de faire des choix éclairés lors des élections et de s’impliquer dans toutes les autres dimensions de la gouvernance.
Mme Eweje a par ailleurs fait valoir que l’information permet aux survivantes de violences de savoir comment signaler les crimes, accéder à une prise en charge post-viol et obtenir une aide juridique. La maîtrise du numérique et la connaissance des droits numériques s’avèrent de plus en plus nécessaires pour protéger les femmes contre les violences facilitées par la technologie — cyberharcèlement et hypertrucages (deepfakes) notamment —, dans un espace numérique qui devient progressivement hostile aux femmes.
« Des violences de genre facilitées par la technologie au harcèlement collectif en ligne ciblant les journalistes et les militantes de la société civile, le monde numérique est de plus en plus instrumentalisé pour faire taire les voix féminines, créant un effet dissuasif qui pousse de nombreuses femmes à se retirer du débat en ligne, réduisant encore davantage leur accès à des informations vitales et leur capacité à demander des comptes aux gouvernements », a-t-elle déploré.
Soulignant que malgré son importance cruciale, de nombreuses femmes nigérianes se heurtent à des obstacles considérables pour accéder à l’information, Mme Eweje a exhorté le gouvernement fédéral — y compris l’Assemblée nationale — ainsi que les gouvernements des États à adopter des mesures concrètes pour lever ces barrières.
Elle les a notamment appelés à garantir la collecte et la disponibilité de données ventilées par sexe, de sorte que les institutions publiques diffusent proactivement des données reflétant les réalités spécifiques des femmes et répondant à leurs besoins, en particulier dans les secteurs de l’agriculture, de la santé et de l’éducation. Elle a également demandé aux pouvoirs publics et aux forces de l’ordre de protéger le « front numérique » en veillant à ce que les auteurs de harcèlement et de mise au silence des femmes par voie numérique soient poursuivis, et en mobilisant la loi sur la cybercriminalité de 2015, telle qu’amendée, à des fins de protection plutôt que de répression de la dissidence.
Mme Eweje a conclu en réaffirmant l’engagement de la MRA dans le combat pour une société ouverte où chaque femme nigériane peut exercer son droit de savoir, de s’exprimer et de diriger, sans crainte de harcèlement ni d’entraves liées au secret.
GIK/lb/Sf/APA







