Une manifestation spontanée a éclaté le 18 février 2026 aux abords du marché Km36 en banlieue de Conakry dans la commune de Sanoyah, à la suite du déguerpissement de femmes vendeuses installées en bordure de route.
À l’origine de la colère, la décision des autorités locales de libérer les abords de la chaussée au marché Km36 de Conakry. Mécontentes, les commerçantes ont tenté de bloquer la circulation, empêchant les véhicules de passer et dénonçant la responsabilité du président de la délégation spéciale dans leur éviction, a constaté Ledjely.
La situation a rapidement dégénéré, provoquant l’intervention des forces de l’ordre. Celles-ci ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestantes, transformant temporairement le marché en scène d’affrontements et de vives altercations.
Les vendeuses estiment que leur déguerpissement est injuste, affirmant que la vente en bordure de route constitue leur principale source de revenus et leur permet de subvenir aux besoins de leurs familles.
Certaines dénoncent également un traitement inéquitable, parlant de « deux poids, deux mesures », et reprochant aux autorités de tolérer la présence d’autres commerçantes au même endroit.
Dans la confusion, plusieurs femmes ont exprimé leur exaspération, appelant à se faire entendre auprès des responsables communaux et réclamant le droit de poursuivre leurs activités pour assurer la subsistance de leurs foyers.
Après l’intervention conjointe des forces de sécurité et de cadres de la mairie, le calme est progressivement revenu. Les vendeuses ont regagné leurs étals et repris leurs activités.
Rappelons que l’occupation du domaine public tel que les trottoirs ou les bords de route est toujours provisoire et tolérée par l’Etat. Selon l’article 103 du Code de l’Urbanisme Guinéen, l’administration peut retirer ou modifier cette autorisation à tout moment, si l’intérêt général l’exige, sans verser d’indemnité. Même avec une autorisation officielle, on ne devient jamais propriétaire du lieu, on a seulement un droit d’usage temporaire, contrôlé par l’administration.
Si la circulation a été rétablie, la tension reste palpable au sein du marché. Du côté des autorités communales, aucune communication officielle n’a encore été faite sur les événements ni sur d’éventuelles mesures d’accompagnement.
RNK/Sf/APA





