L’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a justifié le rejet de près de 3 000 candidatures aux élections législatives, estimant que ces invalidations résultent principalement d’une mauvaise application des nouvelles dispositions introduites par la loi électorale.
Intervenant sur les ondes de la Chaîne 1 de la Radio nationale, le président par intérim de l’ANIE, Karim Khelfane, a indiqué que les commissions compétentes avaient achevé l’examen des dossiers déposés par les partis politiques et les listes indépendantes. Selon lui, « 3 000 candidatures ont été rejetées sur un total de 10 168 candidats », soit près de trois dossiers sur dix.
Le responsable a attribué cette situation à une «mauvaise compréhension» par certains partis et candidats indépendants des nouvelles exigences prévues par le régime électoral. Il a notamment mis en avant les dispositions de l’article 200 de la loi organique relative au régime électoral, qui impose des critères précis dans la composition des listes.
Selon l’ANIE, les listes doivent notamment respecter un quota de représentation féminine équivalant au tiers des candidats, assurer une présence significative de jeunes âgés de moins de 40 ans et intégrer un nombre déterminé de titulaires de diplômes universitaires. Le non-respect de ces conditions a constitué l’un des principaux motifs de rejet.
L’instance électorale affirme toutefois que les invalidations ne sont pas uniquement liées à la composition des listes. Karim Khelfane a également évoqué l’existence de dettes fiscales chez certains candidats, l’absence de documents relatifs à leur situation vis-à-vis du service national, la présentation de pièces administratives non conformes ou encore un nombre insuffisant de parrainages.
Le président par intérim de l’ANIE a par ailleurs rappelé que l’application des dispositions légales s’appuie sur les résultats des vérifications effectuées par les institutions compétentes de l’État. Selon lui, ces contrôles visent à garantir la transparence du scrutin et l’égalité des chances entre les candidats.
Le processus reste néanmoins ouvert. Les partis politiques et les listes indépendantes disposent encore de la possibilité de remplacer les candidats dont les dossiers ont été invalidés. La date limite de dépôt des dossiers de remplacement a été fixée au 6 juin, avant une nouvelle phase de vérification et l’examen des recours prévus jusqu’au 16 juin.
Parallèlement, l’ANIE poursuit les préparatifs de la campagne électorale, programmée du 9 au 28 juin. Le tirage au sort destiné à répartir les temps de parole dans les médias publics doit se tenir le 6 juin en présence des représentants des partis et des candidats indépendants. L’autorité électorale a également annoncé l’implication des radios locales dans la couverture de la campagne, afin de renforcer la proximité entre les candidats et les électeurs dans les différentes wilayas du pays.
MK/AK/Sf/APA







