Le système éducatif ivoirien traverse une période charnière de son évolution. Du 2 au 5 juin, le Palais Hôtel de Yamoussoukro rassemble les grands acteurs du secteur pour la revue à mi-parcours du Programme de Renforcement du système éducatif de base (PRSEB).
Portée par le ministère ivoirien de l’Éducation nationale, de l’alphabétisation et de l’Enseignement technique (MENAET), l’étape cruciale de la revue du PRSEB bénéficie d’un appui international de premier plan.
Intégré au Plan sectoriel éducation-formation 2016-2025, le PRSEB fait l’objet d’une évaluation rigoureuse après près de trois ans d’exécution. Ce programme vise à améliorer durablement la qualité de l’éducation et à enrichir le capital humain ivoirien.
Soutenu principalement par la Banque mondiale et le Partenariat mondial pour l’Éducation, il s’attaque aux défis majeurs de l’école ivoirienne : l’accès équitable à l’instruction, le renforcement des compétences fondamentales et l’amélioration de la gouvernance à tous les niveaux.
« Il ne peut y avoir de développement durable sans une éducation de qualité, inclusive, équitable et résolument tournée vers l’avenir », a rappelé Monsieur Yeo Abraham, Coordonnateur de l’unité de gestion du PRSEB, mettant en exergue l’importance stratégique de ce projet pour l’avenir de la nation.
Le défi persistant de la qualité des apprentissages
Si des avancées notables sont enregistrées en matière d’accès à l’école, les autorités reconnaissent sans détour que la qualité des apprentissages reste un défi persistant. De nombreuses compétences de base, telles que lire, écrire, compter et raisonner, demeurent insuffisamment maîtrisées par une partie des élèves.
Cette revue ne se limite pas à un simple bilan comptable. Elle ambitionne d’identifier les écarts entre les prévisions et les réalités du terrain, d’analyser les facteurs de réussite et de cerner les obstacles afin de réorienter l’action publique. Le diagnostic formulé par les officiels se veut d’ailleurs sans complaisance.
« Les résultats en matière d’apprentissages restent en deçà de nos ambitions », a admis Kouakou Jean Arnaud, représentant du ministre. Loin de susciter le découragement, ce constat est perçu comme une opportunité pour corriger les lacunes et accélérer les réformes.
Des progrès réels ont pourtant été observés, notamment dans la formation des enseignants, la disponibilité des manuels scolaires et le déploiement d’initiatives en santé scolaire. L’enjeu actuel est de traduire concrètement ces efforts par des performances tangibles chez les élèves.
À l’issue des quatre jours de travaux, plusieurs axes d’intervention prioritaires seront dégagés pour optimiser l’efficacité du programme. Les discussions s’orientent vers l’intensification du coaching pédagogique de proximité, l’accélération de la construction d’infrastructures scolaires et le renforcement d’une gouvernance fermement orientée vers les résultats.
Une feuille de route axée sur les résultats et l’inclusion
L’inclusion sociale demeure une priorité absolue de cette feuille de route, avec une attention particulière accordée à la scolarisation des filles et à la prise en charge des enfants en situation de handicap. La sécurisation de l’environnement scolaire et l’équité d’accès à l’éducation mobilisent l’attention des quelque 165 participants issus de l’administration publique, des collectivités, des organisations internationales et de la communauté éducative.
Au-delà des ajustements purement techniques, la réussite de cette transformation repose sur une forte mobilisation intersectorielle. « La réussite du PRSEB ne dépend pas uniquement du ministère de l’Éducation », a fait remarquer Kouakou Jean Arnaud, insistant sur l’implication indispensable des secteurs de la santé, de l’assainissement, de la protection sociale et des infrastructures.
De leur côté, les partenaires internationaux réitèrent leur soutien indéfectible à la Côte d’Ivoire. Modibo Sidibé, représentant de la Banque mondiale, a exprimé sa pleine confiance dans les perspectives du programme.
« La Banque mondiale demeure pleinement engagée aux côtés de la Côte d’Ivoire. Nous sommes convaincus que les acquis de cette première phase constituent une base solide pour accélérer la mise en œuvre et approfondir l’impact du programme », a-t-il déclaré.
Cette rencontre de Yamoussoukro marque ainsi un tournant déterminant pour le PRSEB. Elle ouvre la voie à des ajustements stratégiques majeurs pour répondre aux attentes pressantes des populations. Pour la Côte d’Ivoire, le défi reste de taille : bâtir un système éducatif moderne, capable de former une jeunesse inclusive, compétente et prête à porter les ambitions de développement du pays.
AP/Sf/APA







