Le mois de Ramadan a débuté 19 février en Tunisie et en Égypte, dans un contexte marqué par la persistance de la vie chère et des tensions sur les produits de première nécessité. Si les autorités tunisiennes ont multiplié les annonces visant à sécuriser l’approvisionnement des marchés, l’inflation demeure au cœur des préoccupations des ménages, selon les dernières données publiées par Institut national de la statistique.
En Tunisie, la hausse des prix alimentaires continue de peser sur le budget des familles à l’approche du mois sacré, période traditionnellement marquée par une augmentation de la consommation.
Les produits de base tels que les céréales, les viandes et les huiles ont enregistré des tensions récurrentes au cours des derniers mois, alimentées par des difficultés d’importation, la dépréciation du dinar et la hausse des coûts logistiques. Les autorités assurent avoir renforcé les contrôles et constitué des stocks stratégiques afin de limiter les dérives spéculatives durant le Ramadan.
La situation apparaît toutefois encore plus marquée en Égypte, où l’inflation a atteint ces dernières années des niveaux historiquement élevés, affectant en priorité les produits alimentaires et énergétiques. Selon les statistiques officielles publiées par Central Agency for Public Mobilization and Statistics (CAPMAS), les prix à la consommation ont connu une progression soutenue, dans un contexte de dépréciation monétaire et d’ajustements successifs des politiques de subventions. La Banque centrale d’Égypte a maintenu une politique monétaire restrictive afin de contenir les tensions inflationnistes, mais les effets sur le pouvoir d’achat restent sensibles à l’approche du mois de jeûne.
Au Caire comme à Tunis, les marchés populaires témoignent d’une adaptation contrainte des habitudes de consommation. Les ménages privilégient des substituts moins coûteux, réduisent les volumes achetés ou étalent leurs dépenses sur plusieurs semaines. Les associations de consommateurs relèvent également une hausse des crédits à court terme et un recours accru aux facilités de paiement pour absorber le choc des prix.
Ramadan constitue traditionnellement un temps fort de solidarité et de rassemblement familial. Toutefois, dans un environnement économique fragilisé, la hausse durable des prix transforme la préparation du mois sacré en exercice d’équilibre budgétaire. Les autorités des deux pays misent sur le renforcement des contrôles, l’encadrement des circuits de distribution et la mobilisation des dispositifs sociaux pour atténuer l’impact de l’inflation sur les foyers les plus vulnérables.
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