Figure majeure de la vie intellectuelle et médiatique française et voix respectée à gauche, le sociologue et philosophe Edgar Morin est décédé vendredi à l’âge de 104 ans.
« Jusqu’à ses derniers jours, Edgar Morin est demeuré attentif au monde, aux autres et aux grands enjeux humains qui ont nourri sa pensée », indique samedi son épouse, Sabah Abouessalam Morin, dans un communiqué annonçant son décès à l’âge de 104 ans.
« Le vide qu’il laisse est immense. Mais son courage, sa fidélité aux êtres et aux idées, son exigence morale et son espérance continuent de nous accompagner », ajoute-t-elle.
Edgar Morin était l’auteur d’une oeuvre très diverse, connue dans le monde entier, à contre-courant de la sociologie traditionnelle et qui se voulait une réflexion sur l’Homme à partir des données de la science. Malgré son grand âge, il était toujours présent et écouté dans le débat intellectuel, et les médias étaient friands de sa parole.
Le président français Emmanuel Macron a rendu hommage à « l’esprit universel » d’Edgar Morin, « soldat de la Résistance, militant et affranchi, écrivain et penseur du siècle, défenseur de la nature et des peuples », qui était « l’humanisme fait personne ».
La ministre française de la Culture, Catherine Pégard, a salué un « combattant infatigable pour la liberté, philosophe de la ´pensée complexe´qu’il jugeait un besoin vital pour nos personnes, nos cultures, nos sociétés ».
Docteur honoris causa de 38 universités étrangères, Edgar Morin a écrit une quarantaine d’ouvrages, largement traduits. Parmi ceux-ci, « Autocritique » (1959), qui relate son exclusion du PCF et ses propres aveuglements face au stalinisme, « La Rumeur d’Orléans » (1969), sur une rumeur antisémite, « La méthode » (1977-2004), son oeuvre majeure en six volumes, et plusieurs livres sur l’écologie, thème qui lui tenait à coeur.
Son dernier ouvrage, « Y a-t-il des leçons de l’Histoire? », est sorti en 2025.
De son vrai nom Edgar Nahoum, il est né enfant unique le 8 juillet 1921 à Paris, dans une famille juive originaire de Salonique en Grèce, émigrée à Paris.
En 1941, il rejoint le Parti communiste et entre dans la Résistance sous le pseudonyme de Morin. Puis la publication d’ « Autocritique » marque les esprits. A cette époque, Edgar Morin est aussi l’un des fondateurs du comité des intellectuels contre la guerre d’Algérie. Longtemps établi à Paris, ce père de deux filles vivait à Montpellier depuis quelques années.
AK/Sf/APA







