Le Fonds monétaire international (FMI) appelle les gouvernements à la prudence face à la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, estimant que le recours massif aux subventions, au contrôle des prix ou aux allègements fiscaux peut s’avérer contre-productif.
Selon le Fonds monétaire international (FMI), des mesures mal calibrées risquent d’alimenter l’inflation, de fragiliser les finances publiques et d’aggraver les déséquilibres sur les marchés mondiaux.
Dans un rapport publié en mai et intitulé « Répondre au choc des prix de l’énergie et des produits alimentaires : définir les modalités d’action appropriées », le FMI souligne que les autorités doivent trouver un équilibre délicat entre la protection des ménages et des entreprises et la préservation de marges budgétaires déjà limitées.
L’institution décrit un dilemme majeur pour les décideurs : absorber le choc pour limiter ses effets sociaux et politiques, ou laisser les prix augmenter au risque de peser fortement sur le pouvoir d’achat.
Ce rapport intervient dans un contexte de forte instabilité des marchés mondiaux de l’énergie, marqué par des tensions géopolitiques susceptibles d’entretenir l’inflation et de freiner la croissance économique.
Le FMI insiste sur le fait qu’il n’existe pas de réponse unique à ces chocs, les situations variant selon les pays en fonction de leur dépendance énergétique, de leurs systèmes de protection sociale et de leurs capacités budgétaires.
Toutefois, l’organisation recommande quelques principes généraux : laisser les prix intérieurs s’ajuster aux niveaux internationaux, cibler l’aide sur les ménages les plus vulnérables et éviter les subventions généralisées, sauf cas exceptionnels.
Elle estime que les mesures budgétaires doivent rester temporaires, ciblées et adaptées, afin d’éviter des effets négatifs durables sur les finances publiques.
Le FMI qualifie la situation actuelle de choc d’offre classique, combinant hausse des prix et ralentissement de l’activité économique, ce qui complique les choix des politiques publiques et des banques centrales.
L’institution avertit que la persistance de prix élevés de l’énergie peut réduire significativement le pouvoir d’achat, surtout pour les ménages modestes, tout en fragilisant les entreprises.
Elle met également en garde contre les risques sociaux et économiques à long terme, notamment une augmentation de la pauvreté et des faillites d’entreprises si aucune réponse adaptée n’est mise en place.
Pour le FMI, les pays importateurs d’énergie doivent accepter que les chocs internationaux se traduisent par une baisse de la consommation intérieure, avec un impact possible estimé à 2 à 3 % du PIB sur une courte période.
Même en cas de choc exceptionnel, le Fonds estime que toute intervention publique doit faciliter l’ajustement des prix plutôt que chercher à le bloquer.
Il recommande également de préserver le rôle des signaux de prix, essentiels pour une allocation efficace des ressources et pour éviter les pénuries.
Enfin, le FMI insiste sur la nécessité de protéger les ménages les plus vulnérables, qui consacrent une part bien plus importante de leurs revenus à l’alimentation et à l’énergie.
L’organisation privilégie les transferts monétaires ciblés via les dispositifs sociaux existants, jugés plus efficaces et moins coûteux que les subventions générales.
Lorsque les systèmes de protection sociale sont insuffisants, elle suggère d’élargir temporairement les aides ou les critères d’éligibilité afin de soutenir les ménages à risque.
GIK/fss/te/Sf/APA







