Les activités de la société minière Dynamic Mining sont à l’arrêt depuis trois jours à Malapouya dans la région de Boké à l’ouest du pays, où des populations locales ont bloqué l’axe minier pour dénoncer le non-respect des engagements sociaux de l’entreprise.
La contestation sur un axe minier en Guinée a pris une forme inédite avec l’occupation de la route par des femmes de la localité jeudi 05 février 2026. Munies de marmites, de bois de chauffe et de foyers improvisés, elles ont transformé la chaussée, habituellement empruntée par les camions miniers, en espace de protestation, empêchant toute circulation et coupant l’accès principal au site d’exploitation rapporte le quotidien Ledjely.
Les manifestants reprochent à Dynamic Mining le non-respect de plusieurs engagements pris lors de son installation, notamment la réalisation de forages fonctionnels, la réhabilitation des routes communautaires, l’emploi des jeunes locaux et la transparence autour d’une matrice de recensement dont les résultats n’auraient jamais été communiqués aux communautés.
Dans le district de Bala Dabi, la jeunesse affirme parler d’une seule voix. « Les forages promis ne fonctionnent pas ou n’existent pas, les routes sont impraticables et nos jeunes ne travaillent pas à la mine. L’exploitation a également pollué nos marigots, rendant l’eau impropre à la consommation », a déclaré Alhassane, président de la jeunesse locale.
Selon lui, les populations avaient privilégié le dialogue en adressant un préavis aux autorités locales et aux responsables des relations communautaires de la société, sans obtenir de réponse. Face à ce silence, elles ont décidé de passer à l’action.
Dynamic Mining opère à Malapouya dans le cadre du Bon Ami Project, consacré à l’exploitation de la bauxite. Après plusieurs années d’exploration, la mine est entrée en production en 2024, avec les premières exportations de minerai.
Aucune réaction officielle de la société n’a été enregistrée. Les populations maintiennent le blocus et préviennent qu’il restera en vigueur tant qu’une solution concrète ne sera pas trouvée. À Malapouya, l’axe minier est ainsi devenu le symbole d’un bras de fer entre une communauté en quête de justice sociale et une entreprise appelée à répondre de ses engagements.
RNK/Sf/APA







