Le Parlement égyptien a rejeté un projet de loi sur l’administration locale, écartant un texte jugé obsolète, ce qui relance le chantier des élections municipales suspendues depuis 2011.
Le Parlement égyptien a rejeté à l’unanimité le projet de loi sur l’administration locale présenté par le gouvernement, un texte élaboré en 2016 et resté inchangé malgré les transformations du pays, selon des informations rapportées par la presse nationale .
Cette décision ravive un dossier institutionnel en suspens depuis plus d’une décennie, marqué par l’absence de conseils municipaux élus depuis leur dissolution en 2011.
Ce rejet s’inscrit dans un contexte où les municipalités continuent d’assurer des fonctions essentielles sous supervision du ministère du Développement local, notamment la gestion de l’eau, de l’assainissement et de l’éclairage public. Le Premier ministre Mostafa Madbouly a rappelé une directive présidentielle visant à finaliser l’obligation constitutionnelle liée à la mise en place de conseils locaux élus. Plusieurs responsables parlementaires soulignent que cette absence a créé un vide institutionnel, partiellement compensé par les députés eux-mêmes.
Ce débat institutionnel met en évidence les limites d’un modèle centralisé face aux mutations économiques et urbaines du pays. Des parlementaires, dont Hesham Al-Hossary, estiment que l’application en 2026 d’un texte conçu dix ans plus tôt ne répond plus aux réalités actuelles. L’émergence de nouvelles zones urbaines, notamment la Nouvelle Capitale administrative, gérées par des structures nommées, illustre la persistance d’un pilotage central, avec une représentation locale limitée.
Sur le plan technique, plusieurs critiques portent sur la conformité du texte avec la Constitution de 2014, en particulier concernant la représentation des jeunes et des femmes. Le système électoral proposé, qui accorde 75% des sièges à des listes fermées, suscite également des inquiétudes quant à la marginalisation des candidatures indépendantes et à la concentration du pouvoir politique. Aucun chiffrage officiel actualisé sur l’impact financier ou administratif de la réforme n’a été publié à ce stade.
Face à ces divergences, le Parlement examine désormais plusieurs propositions concurrentes. Certains élus plaident pour une adoption rapide afin de combler le vide institutionnel, tandis que d’autres défendent une refonte complète intégrant davantage de décentralisation et d’autonomie locale. Un comité parlementaire travaille à l’élaboration d’un texte consensuel, avec en ligne de mire l’organisation d’élections municipales, étape clé pour rééquilibrer la gouvernance territoriale du pays.
MK/AK/Sf/APA






