Le gouvernement algérien précise le cadre juridique de l’allocation chômage, sur fond de critiques persistantes sur sa gestion.
Le ministre algérien du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saïhi, a apporté des clarifications sur le statut des bénéficiaires de l’allocation chômage, lors d’une réponse à une question parlementaire.
Selon ses déclarations, ces derniers ne peuvent être considérés comme des «ayants droit» au sens de la législation sociale, mais relèvent du statut d’«assurés sociaux». Une distinction présentée comme essentielle par le ministère, alors que les interrogations se multiplient autour des droits associés à cette aide instaurée récemment.
Cette mise au point vise officiellement à encadrer plus strictement les conditions d’accès et à limiter toute confusion juridique. Le ministre a rappelé que le bénéfice de l’allocation reste conditionné par «l’absence de tout revenu», à l’exception des cas explicitement prévus par le décret exécutif 22-70.
En parallèle, la définition des ayants droit demeure strictement encadrée par la loi 83-11, incluant notamment les enfants à charge ou certaines catégories vulnérables. L’exécutif cherche ainsi à clarifier les frontières entre assistance et couverture sociale contributive.
Toutefois, cette clarification intervient dans un climat de contestation plus large sur l’efficacité et l’équité du dispositif. De nombreux demandeurs recalés dénoncent des critères jugés restrictifs et un manque de lisibilité dans le traitement des dossiers.
En filigrane, la distinction juridique mise en avant par les autorités soulève une interrogation plus profonde sur la portée réelle de cette allocation, perçue par certains comme un mécanisme d’assistance limité plutôt qu’un véritable filet de sécurité sociale structuré.
Cette tension se reflète également dans la gestion opérationnelle du dispositif. Le ministre a reconnu les difficultés liées au traitement des recours introduits via la plateforme numérique «Insat», appelant à un traitement «diligent et transparent».
Les instructions données pour moderniser et actualiser les outils numériques de l’Agence nationale de l’emploi (Anem) traduisent une volonté d’améliorer le suivi des dossiers. Elles interviennent toutefois après de nombreuses critiques portant sur les délais et l’opacité des procédures.
L’accent mis sur la numérisation et la traçabilité des demandes s’inscrit dans une tentative de restauration de la confiance. Les autorités promettent désormais des réponses «rapides, juridiquement fondées et sans équivoque».
Reste que cette réforme technique ne répond que partiellement aux attentes sociales, dans un contexte où la question du chômage des jeunes continue de poser un défi structurel à l’économie algérienne, mettant à l’épreuve la crédibilité et la portée réelle des dispositifs publics d’accompagnement.
MK/AK/Sf/APA






