L’impact du conflit au Moyen-Orient, combiné à des pressions inflationnistes persistantes et à des marges budgétaires limitées, assombrit les perspectives économiques de la région, souligne la Banque mondiale.
La croissance économique de l’Afrique subsaharienne devrait légèrement ralentir à 4 % en 2026, après avoir atteint 4,1 % en 2025, sous l’effet des répercussions du conflit au Moyen-Orient, de la hausse des prix de l’énergie et du ralentissement de la demande mondiale, indique la Banque mondiale dans son rapport sur les Perspectives économiques mondiales publié vendredi.
Selon l’institution de Bretton Woods, les prévisions de croissance pour cette année ont été revues à la baisse de 0,3 point de pourcentage par rapport aux estimations de janvier, les effets négatifs des tensions géopolitiques devant l’emporter sur les bénéfices attendus des réformes structurelles et des accords commerciaux récents.
Après une reprise portée en 2025 par la hausse des cours des métaux précieux, du cuivre et du café, ainsi que par le recul de l’inflation et les réformes engagées dans plusieurs grandes économies, la région montre néanmoins des signes de résilience au début de 2026, malgré le renchérissement de l’énergie et l’essoufflement du processus de désinflation.
La Banque mondiale souligne que la plupart des pays d’Afrique subsaharienne sont importateurs nets d’énergie. La hausse des coûts des carburants, des engrais et du transport devrait ainsi accentuer les pressions inflationnistes, notamment sur les produits alimentaires, et peser sur la consommation ainsi que sur les coûts de production.
L’institution relève toutefois plusieurs évolutions favorables, notamment la prolongation jusqu’à fin 2026 de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) par les États-Unis et la suppression par la Chine des droits de douane sur l’ensemble des importations africaines, des mesures susceptibles de soutenir l’intégration du continent dans le commerce mondial.
Les réformes structurelles engagées en Afrique du Sud, en Éthiopie ou encore au Nigeria, combinées à l’approfondissement du commerce intra-africain dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), devraient également soutenir les exportations et l’investissement privé, estime la Banque mondiale.
Malgré cela, la croissance du PIB réel par habitant devrait se limiter à 1,6 % en 2026, un rythme jugé insuffisant pour réduire sensiblement l’extrême pauvreté.
La création d’emplois devrait rester inférieure à la progression de la population active, tandis que l’insécurité alimentaire pourrait se maintenir à des niveaux historiquement élevés, aggravée par la diminution de l’aide publique au développement et les crises sanitaires, dont la récente épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo.
Dans plusieurs pays, les projections ont été révisées à la baisse. Le Sénégal, dont la croissance est désormais attendue à 2,2 % en 2026 contre 6,7 % en 2025, est notamment pénalisé par la révélation d’une dette cachée et le gel subséquent des financements du Fonds monétaire international (FMI), relève le rapport.
Pour la période 2027-2028, la Banque mondiale anticipe toutefois un redressement progressif de l’activité économique dans la région, avec une croissance moyenne de 4,4 %, à condition que l’environnement géopolitique se stabilise et que la sécurité s’améliore dans les pays touchés par les conflits.
ARD/Sf/APA






