Le Mozambique est à nouveau secoué par une série d’attaques violentes. Dans la province instable de Cabo Delgado, des militants islamistes ont incendié des églises, détruit des habitations et bloqué des routes stratégiques, exacerbant l’insécurité dans la région.
Les 13 et 14 avril, les localités de Nkole et Ngura, situées dans le district d’Ancuabe, ont été la cible de violentes incursions. Deux églises et près de cent habitations ont été réduites en cendres. Les assaillants ont également dérobé 15 motos, contraignant les habitants à fuir en quête de sécurité.
Ces violences ont coïncidé avec un blocage de la route nationale 14, un axe vital reliant Montepuez à Pemba, la capitale provinciale. Là, les assaillants ont incendié deux véhicules et enlevé les conducteurs, dont le sort reste inconnu. Selon des témoins, ils auraient également extorqué de l’argent aux automobilistes, paralysant le trafic.
Cette recrudescence de la violence fait craindre un regain d’activités de la RENAMO, l’ancienne rébellion convertie en parti politique. Dans la province voisine de Sofala, des tensions refont surface. Le 8 avril, une embuscade a visé sept camions dans le district de Maringue, ancienne base rebelle de la RENAMO pendant la guerre civile. Huit hommes armés, dont l’un muni d’un fusil AK-47, ont bloqué un tronçon de la principale autoroute nord-sud du pays, attaquant à la machette.
Les motivations derrière cette attaque restent floues, mais plusieurs sources avancent l’hypothèse d’un coup de pression orchestré par d’anciens combattants mécontents du processus de paix. L’agence de presse AIM évoque la possibilité que cette embuscade soit destinée à forcer la main au gouvernement pour obtenir des concessions supplémentaires.
Malgré l’accord de paix de 2019 ayant conduit au désarmement officiel de la RENAMO, les tensions persistent. Les autorités affirment avoir renforcé les opérations de sécurité dans les zones touchées pour retrouver les auteurs de ces violences.
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