Le Bloc des partis politiques libyens met en cause le rôle de la mission onusienne et réclame un processus strictement national pour sortir de la crise.
Le Bloc des partis politiques libyens a vivement critiqué, dans un communiqué rendu public ces derniers jours, la trajectoire politique et institutionnelle actuelle dans le pays, accusant la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) de ne pas avoir contribué à résoudre la crise politique persistante qu’il traverse. Selon le Bloc, l’action de la mission onusienne aurait, au contraire, accentué les divisions politiques et institutionnelles, fragilisant davantage la souveraineté nationale et l’unité de l’État libyen.
Dans son communiqué, le Bloc affirme que le rôle de la MANUL s’est progressivement éloigné de son mandat initial de soutien à une solution « menée par les Libyens ». Il estime que la mission se serait engagée dans une logique de gestion et de prolongation de la crise, à travers des processus politiques élaborés en dehors de la volonté populaire. Ces démarches favoriseraient, selon lui, des acteurs de facto au détriment d’institutions nationales légitimes, contribuant à l’affaiblissement de la prise de décision indépendante et de la cohésion de l’État.
Le texte se montre particulièrement ferme sur la question judiciaire. Le bloc rejette catégoriquement toute intervention de l’Organisation des Nations Unies dans les affaires judiciaires libyennes, qualifiée de « violation manifeste » de l’indépendance de la justice et de la souveraineté nationale. Il rappelle que l’organisation du pouvoir judiciaire, la définition des compétences des juridictions, ainsi que le contrôle de constitutionnalité, relèvent exclusivement des autorités nationales et ne sauraient faire l’objet d’aucun mécanisme parallèle ou supervision extérieure.
Sur le plan politique, le communiqué dresse un constat sévère des mécanismes parrainés par l’ONU depuis plusieurs années. Selon le Bloc, ces initiatives ont échoué à débloquer le processus constitutionnel, ont érodé la confiance des citoyens dans les institutions nationales, et ont contribué à prolonger l’impasse politique et l’instabilité chronique dans le pays. Cette situation, souligne-t-il, a entretenu une fragmentation institutionnelle persistante, malgré la multiplication des dialogues et des feuilles de route internationales.
Tenant la MANUL pour responsable, à la fois politiquement et moralement, de l’impasse actuelle, le Bloc des partis politiques libyens affirme que toute solution véritable et durable ne peut émerger que d’un processus purement national. Celui-ci devrait être fondé sur la volonté du peuple de Libye, exempt de toute ingérence extérieure et respectueux de la souveraineté de l’État. Le bloc appelle enfin à une redéfinition du rôle de la mission onusienne, cantonnée à des fonctions techniques et consultatives, afin de soutenir un règlement national global sans s’y substituer.
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