Le Haut Conseil d’État libyen a vivement réagi aux récentes activités de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), l’accusant de dépasser son mandat et de fragiliser les cadres institutionnels encadrant le processus politique dans le pays.
Le Haut Conseil d’État libyen a dénoncé, dans un communiqué publié samedi, la participation de deux de ses membres, Ali Abdulaziz et Abduljalil Al-Shawsh, à des réunions tenues à Rome. Selon l’institution, ces derniers n’auraient reçu aucun mandat officiel pour représenter le Haut Conseil, rendant toute prise de position issue de ces rencontres non représentative de sa ligne officielle. Le texte rappelle que toute participation politique externe doit être validée conformément à son règlement intérieur et à ses mécanismes de décision.
Dans son argumentaire, le Haut Conseil d’État s’appuie sur sa décision n°4 de 2026, qu’il qualifie de contraignante, interdisant toute implication non autorisée dans des arrangements politiques internes ou externes.
L’instance affirme avoir informé la mission onusienne de ce cadre et estime que certaines pratiques de sélection d’interlocuteurs par la MANUL ne respectent pas le principe d’appropriation nationale du processus politique libyen, tel que défini par l’Accord politique et les différentes feuilles de route adoptées lors des précédents pourparlers.
Le Haut Conseil critique également ce qu’il considère comme une dérive du rôle de la mission, passée d’un statut de facilitateur à celui d’acteur influençant les dynamiques internes. Il estime que cette évolution contribue à accentuer les divergences politiques et à ralentir les efforts de consensus, notamment sur des dossiers institutionnels sensibles, dont celui de la Haute Commission électorale nationale.
Sur le plan des procédures, l’institution rappelle qu’un accord avait été trouvé entre les commissions du Haut Conseil et de la Chambre des représentants concernant ce dossier, en présence de représentants de la MANUL. Elle considère dès lors que toute initiative parallèle en dehors de ces cadres consensuels fragilise les accords déjà établis et remet en cause leur cohérence institutionnelle.
Le Haut Conseil d’État rejette par ailleurs toute initiative issue des réunions de Rome, qu’il juge dépourvues de base légale, et appelle ses membres à respecter strictement les règles internes de l’institution. Il invite enfin la MANUL à recentrer son action sur un rôle de médiation encadrée, en coordination avec les structures reconnues, afin de préserver les mécanismes de dialogue existants et d’éviter une fragmentation accrue du processus politique libyen.
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